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L'anorexie n'est pas une maladie de "petite fille riche" comme j'ai pu le lire dans des journaux indignes de ce nom... Elle touche tous les milieux et relève de psychologie, pas de sociologie. Cette maladie est liée à l'adolescence. Son nom exact est "anorexie mentale".

Le mal-être des jeunes filles anorexiques peut être mis en parallèle avec celui des adolescents toxicomanes. L'anorexie est statistiquement plus courante chez les jeunes filles alors que la toxicomanie l'est chez les garçons.

Pourquoi ?

L'anorexie touche plus les filles parce qu'elle est un moyen inconscient de gommer les modifications du corps à l'adolescence, ces modifications étant plus évidentes chez les filles (rondeurs de hanches, poitrine) que chez les garçons.

L'anorexie n'est pas en augmentation de nos jours. 1 %, cela ne représente pas plus de cas qu'il y a 30 ou 40 ans. En revanche, les médias en parlent beaucoup plus. On trouve des cas d'anorexie dès l'Antiquité. Le terme d'"anorexie" date de 1873, quand Lasègue et Gull donnèrent les symptômes de la maladie. On décrivait la maladie, en lien avec l'hystérie, comme un ensemble de comportements autour du refus de s'alimenter, en réaction aux conflits internes. On considérait les anorexiques comme des "déments" à l'époque !

La boulimie est, elle, en augmentation. Elle concerne 5 % des adolescents. La boulimie est à relier à des mécanismes psychologiques également, et serait également liée à la création de besoins crées par la société de consommation, qui n'apprend pas à discerner ce qui est indispensable.

Dans la boulimie, la problématique c'est remplir, combler, colmater... Dans l'anorexie, c'est devenir transparente, légère comme une plume...

60 % des adolescents de sexe masculin se trouvent trop minces par rapport à leur taille.

70 % des adolescentes se trouvent trop grosses.

L'idéal de minceur (ah, les diktats de la société !!) peut être un déclencheur de régime mais l'anorexie est une maladie qui est elle-même liée à des mécanismes psychologiques plus ancrés. On pourrait dire que l'anorexie se rapproche d'un refus de grandir : rester une petite fille par peur de devenir une femme et de quitter le monde "protégé" de l'enfance... Les problématiques de dépendance / indépendance et de séparation / union sont essentielles lors de cette maladie.

(source : L'anorexie, sortir du tunnel collection Hydrogène, et sites internet...)

Je mets en exergue le livre de Ganaël Joffo, elle-même ancienne anorexique, qui découvre que sa fille Lena, 19 ans, sa petite princesse, consulte des sites pro-ana "glorifiant" l'anorexie... pour Ganaël, le choc est violent. Ses souvenirs remontent... elle raconte sa maladie dans un texte décapant et drôle, émouvant et riche.

Quelques passages...

"Franchement, cette autobiographie sur ma vie de vieille ex-anorexique, je ne l'aurais pas écrite, s'il n'y avait pas un mauvais vent de folie "maigreur" qui se remet à caresser les esprits des gamines."

 "Ces idées de maigreur à tout prix" c'est "la faute des photos de magazines où la beauté est interdite aux plus de 45 kilos !"

"Les images dangereuses de top modèles qui n'ont que la peau des fringues sur les os, exactement comme lorsque j'avais 20 ans."

"Ce site pro-ana est une sorte de secte ignoble, avec des disciples voués à la faim éternelle et dont le gourou s'appelle "Mort à l'arrivée."

 

Je reparlerai de l'anorexie pour faire comprendre et faire parler... 

Je me demande parfois si on peut un jour se considérer totalement guérie de ce passé toxique d'anorexique.

Je me demande si on ne ruine pas toute chance de bonheur après un épisode de vie aussi lourd... Quand on a pesé si peu et qu'on a choisi de mourir... même quand la mort a refusé l'accueil.

Je me demande si une ex-anorexique ne choisit pas forcément un homme dont elle sait par avance qu'il va la faire souffrir.

Je me demande s'il n'y a pas des femmes douées pour le malheur. Faire du mal pour se protéger. Pour empêcher d'être aimée. Être "détestable" c'est le plus sûr moyen de ne pas être "aimable" (au sens littéral), non ?