Si vous avez moins de 40 ans (lol !!), soyez raisonnables, allez surfer ailleurs...

 

      

                            été15 238

 

Un fantasme revient très couramment chez les femmes, c'est le fantasme de soumission.

Là, je ne vais pas vous parler de moi, ce n'est pas un truc pour moi, ça, le côté "femme soumise". Au contraire, moi, je deviens de plus en plus "mec qui a le dessus" : j'ai fait mon premier trou à la perceuse (comment ça, ce n'est pas un exploit ?!) et j'ai réparé seule le lit d'un de mes garçons (remboîter en force les lattes en étant à la limite de me déboîter l'épaule)... Mais qui oserait encore me parler du "sexe faible" ?!

Bon, je le redis, on va parler fantasme. Il est encore temps de quitter cette page, pour les âmes sensibles, hein ?!

Bon, ne venez pas râler après, vous avez été prévenus...

Le fantasme de soumission, c'est quoi ?

Être attachée, les yeux bandés, ne pas savoir à quoi s'attendre, ne pas pouvoir se dérober... Devenir "soumise", incapable de décider quoi que ce soit. Devoir subir tout ce que lui imposera son partenaire ou ses partenaires. Le jeu peut être encore plus fantasmatique, voire fantastique, à deux hommes pour une femme, selon certaines femmes.

(Pas pour moi, ça, il n'a pas été inventé, celui qui pourrait envisager de m'attacher !)

Selon certaines études, on retrouve ce fantasme dans le top five ou même en troisième position des fantasmes les plus courants des femmes ! C'est pourtant un fantasme de "viol très adouci".

Bon, attention, ce fantasme est à réaliser avec une personne de confiance parce que cela peut tourner au cauchemar, on s'en doute. Il faut que la femme soit capable de faire le bilan de ses possibilités amoureuses et de celles de l'autre... et de ses limites, aussi. C'est sans doute pour cela que ce fantasme ne passera pas par moi, je ne fais pas plus assez confiance en la nature humaine et particulièrement en la nature masculine.

C'est également un fantasme masculin plutôt répandu, d'après la même étude. Le rapport de domination/soumission inversé. Certains hommes "confessent" (quel mot vilain) aimer être attachés, liés, obligés à l'inaction, dévorés à volonté, dominés et dépassés par leur plaisir.

Bon, concrètement, il paraît qu'il faut trouver le lien qui convient : il faut que ça tienne mais sans faire mal. On trouve sur le net des conseils pour utiliser les bons outils pour être "attachante" ou attachée... Allant du foulard léger aux cordes ou aux menottes... Un marché soft et glamour s'est développé.

Mais pourquoi ce fantasme d'être dominée est-il si répandu chez les femmes ?

Le psychanalyste Saverio Tomasella affirme que "les femmes ont une histoire avec la soumission." Les femmes sont, en principe (!!), émancipées dans nos contrées occidentales mais il n'en a pas toujours été ainsi. Les jeunes filles ont longtemps été éduquées pour satisfaire un homme et lui obéir. Une norme culturelle a été développée : les femmes devaient être soumises à leur époux. Cela induisait des effets sur leur approche de la sexualité.

Explications de Saverio Tomasella : "Dès l’enfance, elles se sont construit une rêverie érotique autour d’une injonction sociale de soumission ; sommées en quelque sorte d’y trouver du plaisir". La libido féminine se serait construite sur cette base. Depuis des siècles, le psychisme est influencé par ces normes sociales.

C'est là-dessus que surfent certains auteurs à succès. On a beaucoup parlé de "Cinquante nuances de grey", livre érotico-sado-maso à tendance fleur bleue, paraît-il... Qualifié de "Mummy porn" aux Etats-Unis, ce livre tend à dépasser "le clivage Maman/Putain" et à montrer aux femmes qu'elles ont le droit de jouer tous les rôles.

Quelques avis sur ce livre que je n'ai pas lu (mon imaginaire galopant me suffit, lol !) :

"Une jeune héroïne un peu naïve mais volontaire et un homme qui a tout pour lui mais cache de profondes blessures réunis pour une histoire passionnée et difficile où se mêlent sexe torride et sentiments à fleur de peau, voilà les ingrédients du best-seller planétaire qui a fait frémir les ménagères de moins de 50 ans dans tous les pays. Et pourtant, c'est mal écrit... On ne compte plus les répétitions, les scènes grotesques, le ridicule de certaines répliques. Oui mais voilà, c'est aussi terriblement et inexplicablement addictif!"

"50 nuances…Ben non, justement. Aucune subtilité, ni vraisemblance dans ces 560 pages. Les personnages sont stéréotypés. Ana, jeune oie blanche et vierge de 21 ans, attend l'homme de sa vie et se croit moche alors qu'en toute objectivité elle est canon. Christian, beau (à tomber), jeune (27 ans quand même), riche (à milliards), dur en affaires mais pas trop (il est quand même préoccupé par « la faim dans le monde »), est le gendre idéal, sauf que (vous ne devinerez jamais) il cache une part d'ombre ET une enfance malheureuse ET une adolescence pervertie par une amie de sa mère qui l'a initié au SM. le pauvre…Tout ça explique, psycho de comptoir à l'appui, pourquoi ce pervers pathologique ne peut envisager les relations homme-femme que comme des relations dominant-soumise où l'amouoûûr est inexistant. Sauf que celui-ci va prendre les traits d'Ana et venir perturber la mécanique bien huilée (oups…) du Contrat."

"Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère? Le voici donc le phénomène littéraire de l'année, où un type ondoyant de la chevelure donne la fessée à une fille qui passe son temps à se mordre la lèvre? Un roman à utiliser pour caler une armoire ou à offrir à votre belle-soeur, si, par malchance, vous avez la même que la mienne."

Bref, la plupart des lecteurs qui ont donné leur avis sur ce site de critique littéraire ont été sensiblement du même avis.

Toujours selon S. Tomasella, le passage à l'acte de ces fantasmes de soumission n'est pas obligatoire, le fait d'en parler ou en jouer peut suffire à monter en pression. Le jeu de rôle peut être un plaisir supplémentaire entre adultes consentants (voire amoureux). Le tout étant d'être sur la même longueur d'ondes et de ne pas s'enfermer dans des rôles figés, non plus.

                    Elodie Frege - La ceinture

               (à regarder en entier pour ne pas louper le retrait de l'alliance !)

 

Voilà, c'était le sujet brûlant du jour... J'aime bien les sujets un peu osés, je ne l'apprends à personne...

J'ose espérer que celles et ceux qui lisent régulièrement mon blog sans jamais commenter n'en sont pas choqués. Peut-être même qu'un jour, ils oseront laisser un petit mot... Ce blog ne vit que par les commentaires récoltés...