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                 (surtout ne dites pas à mes fils les tortures que j'inflige à leurs vieux doudous...)

 

Après avoir parlé de maternité choisie, d'avortement, de contraception... Je vais enfin aborder le sujet douloureux du déni de grossesse et de l'infanticide. Je reste dans la rubrique "Féministe, moi ?!" à la suite des textes sur la contraception et le contrôle du corps des femmes, mais ce texte pourrait aussi aller dans la rubrique "Psycho-socio"...

Si quelqu'un est choqué par mes propos, je le comprendrais très bien. Je suis ouverte aux critiques et aux remises en question.

Oui, pour moi, la maternité doit être un choix. Une joie. Vous l'avez compris, mes plus grands bonheurs viennent de mes enfants. J'ai fait le choix de devenir une Maman. C'est ce qui m'a apporté un but dans la vie. Un objectif pour vivre. Survivre, parfois.

L'avortement et même l'infanticide sont vieux comme le monde, d'après les historiens. Selon l'époque, les méthodes pour avorter diffèrent : les philtres fabriqués par des "sorcières" (je reviendrai sur le sujet de ces femmes qui ont péri dans les flammes...), les exercices physiques déments, les aiguilles à tricoter...

L'avortement est considéré comme un crime pour la première fois dans un texte à l'époque de François 1er.

En 1860 commencent les poursuites contre les "faiseuses d'anges".

L'infanticide, lui, est puni seulement au XVIè siècle (Edits Royaux). Ce sont les filles de ferme qui finissaient dans les tribunaux. Les femmes mariées, on les laissait en paix. Dans les archives judiciaires, on voit que le risque, c'était la mort. Mais l'indulgence des tribunaux était grande ! Ces jeunes filles étaient considérées comme des victimes. Alors - quel cadeau ! - elles partaient aux travaux forcés. On les envoyait en Guyane ou en Nouvelle Calédonie où on avait besoin de femmes pour les bagnards en fin de peine. Ils fallaient qu'ils fondent une famille !

Entrons dans le vif du sujet, après ce petit détour historique. Je traîne des pieds, j'ai du mal à me lancer...

 

On lit souvent des histoires de femmes qui ont commis le pire : tuer leur bébé.

Le déni de grossesse : une étape vers l'infanticide ?

Certaines femmes font ce qu'on appelle un "déni de grossesse". Elles découvrent qu'elles sont enceintes au moment de leur accouchement. 3 femmes enceintes sur 1000 font un déni de grossesse. Il s'agit d'une affection psychiatrique. Il ne s'agit pas d'un mensonge conscient.

Ces femmes continuent même parfois à avoir leurs règles, elles ne prennent pas de ventre, n'ont aucun symptôme, aucun signe qu'un haricot magique pousse dans leur ventre. On découvre le bébé lors d'une "gastro" ou d'une "colite néphrétique", à l'hôpital... et oui, un bébé était là. Elles ne le savaient pas. Leur entourage est soufflé. C'est un véritable drame.

Le corps est entré en résistance pour masquer la grossesse qui impliquerait une grande souffrance psychologique pour ces femmes au psychisme fragilisé. Il s'agit d'un mécanisme inconscient, une stratégie puissante d'évitement. Elles ne savent réellement pas qu'elles sont enceintes. On ne doit pas dire : "si, elles savent mais refusent de le dire à leur entourage", parce que c'est faux.

Le déni de grossesse peut toucher tous les âges, il n'est pas réservé aux toutes jeunes femmes. ll peut toucher tous les milieux sociaux, il n'est pas réservé aux femmes dans la misère.

"Il est impossible de tracer un portrait-robot de ces femmes. Ce que nous pouvons signaler, c'est ce rapport au corps et à la vie émotionnelle qui est bridé, gelé. Cela émane du passé, des soins premiers reçus pendant la petite enfance. Chaque situation demande d'aller à la quête de l'histoire singulière pour essayer de donner du sens au non sens que provoque le déni de grossesse", explique Sophie Marinopoulos, psychanalyste. 

 

Sur le plan juridique, le déni de grossesse est nié. Triste ironie !

Ce sont les magistrats qui apprécient au cas par cas la responsabilité de la mère et son trouble psychique en cas de déni total et de conséquences dramatiques sur l'enfant.

"En temps normal, pendant que le bébé grossit dans le ventre de sa mère, celle-ci se met à le penser, l'imaginer, le projeter", expose la psychanalyste Sophie Marinopoulos. "Au fil des mois, il passe d'un statut d'enfant attendu à l'enfant de la famille, soit le fils ou la fille du couple parental. Sans cette étape, les risques de rejet à la naissance sont majorés. Un bébé peut mourir de ne pas avoir été attendu, c'est-à-dire pensé par sa mère". 

Il arrive alors que la situation dégénère. Le bébé arrive dans des cris de vie et la mère lui donne la mort dans un réflexe ultime de faire taire ce que son psychisme a nié pendant des mois. Elle détruit cette vie qu'elle ne peut pas imaginer, dans un affolement final.

Certaines femmes découvrent leur grossesse avant terme et réussissent à avorter parfois au-delà du terme légal (grâce à un gynécologue compréhensif).

D'autres s'en sortent et réussissent à garder l'enfant. Quel avenir pour leur relation ? 

"Le lien est complexifié par cette absence de contact par la pensée de la mère à son enfant. Prendre le temps de l'évoquer dans un suivi mère-enfant spécifique après la naissance favorise la construction du lien". 

Sans ce lien mère-enfant dès le départ, la construction de l'amour maternel peut être impossible, et de là découlent parfois des rejets, des maltraitances... voire pire.

Ce thème reviendra.

C'est un sujet qui reste d'actualité, plus que jamais. Les retours en arrière ne sont jamais exclus. J'en ai parlé avec mon futur ex-mari dans la salle d'attente de l'avocate. J'ai abordé le sujet Trump et on a dérivé vers l'avortement. 50 000 femmes meurent chaque année d'un avortement clandestin. X se souvenait de cette chanson poignante que j'avais oubliée. Prenez un moment pour l'écouter. Il fallait oser, dans les années 1980, faire une chanson sur ces pauvres femmes qui sacrifiaient la vie au fond de leur ventre avec une aiguille à tricoter...

 

Louise - Gérard Berliner

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