Vous visualisez tous Raiponce, l'héroïne à la chevelure démesurée du Conte des frères Grimm, mise en image par les studios Disney en 2009 ?

Mais Raiponce, c'est aussi le nom d'une plante... Petit secret de sorcière : la raiponce orbiculaire, appelée "herbe-ronde-du-diable", aurait des effets aphrodisiaques et pourrait également guérir du "mal d'amour". Elle pousse dans les buissons et les terrains calcaires, entre 700 et 3000 m d'altitude. Ses fleurs violettes sont globuleuses. Son nom vient du latin rapunculus ("petite rave"). Ses feuilles, à cueillir de juin à septembre, rappellent le goût de la mâche.

Vous avez appris quelque chose, aujourd'hui, non ?!

Bon, sur les neurones réactivés, on trouve des cheveux...

                           

              CheveuxCourts

                        (photo Sean and Seng, dans Les femmes aux cheveux courts)

 

Oui, une femme, ça a des cheveux. Et ça s'en fait, aussi, des cheveux. Puis ça les perd, parfois.

Un stérilet hormonal a été, pour moi, il y a quelques années, le déclencheur d'une chute de cheveux spectaculaire. J'emploie le mot spectaculaire parce que c'est ça : on se retrouve à contempler la masse de cheveux tombés lors du shampooing. Une poignée. On passe la main dans ses cheveux et il en reste une dizaine sur les doigts. On regarde son oreiller en pleurs le matin. Tellement de cheveux qui s'éloignent de notre cuir chevelu. Triste spectacle. Désolation.

J'ai mis du temps à obtenir le rendez-vous chez ma gynéco pour exiger qu'elle me l'enlève, ce satané stérilet ! Du temps passé à me regarder dans une glace, me dire qu'il ne resterait bientôt plus rien. J'ai camouflé mes cheveux. Bonnets blancs et blancs bonnets. Chapeaux bas. J'ai pensé aux femmes en chimiothérapie. La féminité qui part dans la bonde de la douche. L'estime de soi échevelée.

J'ai décidé de couper court. Couper court à mes angoisses de chute. Quand ça tombe, ça paraît moins, sur cheveux courts que sur cheveux longs. J'ai hésité mais c'est cyclique, chez moi. J'ai eu une coupe courte à 15 ans (époque "brindille-androgyne"), à 30 ans (premier enfant), et là, j'ai avancé un peu, je n'avais pas encore 45 ans. Entre-temps je les laisse repousser, pour avoir à nouveau les cheveux longs, le plus long possible. J'ai réalisé que c'était tous les 15 ans.

Mon futur ex-mari m'a dit qu'il n'avait pas envie que je les coupe. J'ai répondu : "Je fais ce que je veux, ce sont mes cheveux !"

Dès le lendemain je les ai fait couper, en réaction !

Tout le monde a trouvé que cette petite tête à la garçonne m'allait bien, parce que j'étais féminine par ailleurs. Je crois que ça lui a arraché les muqueuses de me dire du bout des lèvres que ça ne m'allait pas si mal...

 

Raiponce - Où est la vraie vie ?

 

Je vous rassure, j'ai retrouvé ma chevelure en pleine forme suite à l'arrachage douloureux de ce *** de stérilet hormonal. Mais pour l'instant je garde mes cheveux courts, notamment parce que ça me fait l'occasion d'aller voir ma mère pour qu'elle me "rafraîchisse" la coupe. Il faut dire que la coupe est pleine, par moment, alors enlever un peu de féminité, ça soulage. Et j'aime aussi parce que le matin, je gagne un temps fou, je n'ai pas à me brosser les cheveux, ni à les attacher, ni à faire tout un tas de soins pour les lisser, les embellir ou les discipliner...

Et je me dis que chaque femme doit pouvoir placer sa féminité où elle le souhaite, on peut se sentir très féminine avec les cheveux courts.

Je les laisserai, j'imagine, repousser dans 10 ou 15 ans, pour faire des chignons de cheveux tout blancs, quand je serai encore plus sorcière... J'y travaille et je retourne à mon chaudron !

PS : ne laissez jamais personne vous dire ce que vous devez faire de vos cheveux. Ce sont VOS cheveux !!