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Ma principale source d'infos sur ce sujet est "La plus belle histoire des femmes" de Françoise Héritier, anthropologue, Michèle Perrot historienne, Sylviane Agacinski, philosophe et Nicole Bacharan, historienne et politologue.

Un enfant, c'est "un papa et une maman". Slogan des anti-mariages pour tous.

Avec la PMA, de nouveaux acteurs sont entrés dans l'histoire : le donneur de sperme et la donneuse d'ovocytes. Un troisième peut entrer aussi, de nos jours : la mère porteuse. L'argument est "puisqu'on peut le faire, il n'y a pas de raison de ne pas le faire"...

On se retrouve à mêler la science, la technique, l'éthique et le législatif. L'homme a le fantasme de toute-puissance... mais la médecine ne doit pas échapper à la déontologie et aux principes communs.

La mère porteuse est rémunérée, on appelle ça pudiquement une "compensation" et l'enfant se retrouve à être un produit que l'on vend.

Un des dangers, c'est l'aliénation des femmes pauvres. Si on donne le "droit" à une femme dans la misère de louer son ventre, on rend possible une nouvelle forme de prostitution. Les mots sont forts, mais réfléchissons 2 minutes.

On peut comparer la location de ventre à la prostitution qui est le fait de "sacrifier sa liberté de désirer pour se plier au désir d'autrui."

La "maternité pour autrui" c'est aussi "la mise entre parenthèses de la vie privée et de l'existence personnelle." La personne est niée. Le corps devient un ustensile, mis au service d'autrui. Les "gestatrices" ont un rôle ambigü : répondre à un désir (désir d'enfant d'autrui) en niant leur propre désir.

Les défenseurs de la mère porteuse et de la prostitution sont souvent les mêmes.

Le désir d'enfant est avant tout lié à un désir charnel entre deux amoureux.

On sait que le lien mère-enfant se construit dès la grossesse. Pour l'avoir vécu deux fois, je sais ce qu'implique psychologiquement le fait de porter un enfant. On lui parle, on l'imagine, on le projette. On ne peut pas ensuite le donner (contre rémunération) à d'autres sans souffrir. La mère porteuse souffre et son bébé aussi.

C'est la raison principale de mon opposition au concept de maternité pour autrui. Le fait de vendre un enfant ou de louer un utérus passe au second plan. Le principal, c'est que le lien mère-enfant doit se construire dès la conception ou presque.