Peau

                                               (photo lesechos.fr)

              

         Salut, toi !

 

Je suis à fleur de peau.

 

Il paraît qu'à une époque, je n'avais plus que la peau sur les os. Toi seulement, sur mes os. Mais c'était encore trop...

 

J'ai voulu te faire la peau... Un jour... J'ai loupé mon coup. Coup de pot ? On m'a sauvé la peau.

 

Il paraît que toi, ma peau, tu reflètes ce que je mange. J'ai arrêté de te nourrir mais ton reflet n'a pas changé, à cette époque. J'ai décidé d'arrêter de te nourrir de peaux d'autres. Te nourrir mais sans faire la peau d'autres êtres vivants.

 

Peau, tu reflètes nos angoisses : allergies, éruptions, maladies de peau... Combien de tourments intérieurs décides-tu de refléter à l'extérieur ?

 

Sur ma peau, des cicatrices. Des rides. Des blessures. Des bleus. Des marques.

 

J'ai parfois voulu changer de peau... Opérer ma mue. Ni peau de vache, ni peau de crocodile...

 

Ma peau, je t'enduis d'huile d'amande douce ou d'argan, pour que tu t'adoucisses et redeviennes récepteur sensoriel.

 

J'en ai eu, des hommes, dans la peau... Peau de chagrin...

 

J'ai été contre des hommes qui voulaient psychiquement ma peau, tout contre... Jusqu'à oublier la limite entre ma peau et la leur. Oublier...

 

J'ai connu le bonheur du peau à peau avec un tout petit être né trop tôt. 1 kilo 6oo d'amour. Petit être devenu grand. Mais encore si petit.

 

Le temps a érigé des forteresses entre toi et ma peau. Le divorce me tannera la peau. Je me durcis comme du cuir.

 

Ma peau, laisse-moi souffler. Tous les pores de toi, ma peau, sont bouchés de colère et de rage, parfois. Je vais te décaper, te frotter jusqu'à en devenir rouge de confusion. Opérer la mue. Enlever les peaux mortes. Devenir une autre : moi-même !