J'ai déjà parlé de cette cruelle réalité historique que représente la chasse aux sorcières.

 C'était là : http://girlydivorce.canalblog.com/archives/2016/12/01/34570340.html

 

Les sorcières existent depuis la nuit des temps (quelle belle expression...)

Elles ont été les prêtresses du dieu Pan, qui soufflait dans sa flûte pour célébrer la fertilité de la Nature. La magie des sorcières était liée aux forces de la Nature, elles connaissaient les secrets des forêts, des astres, des plantes, des eaux, des champignons et des animaux.

Dans l’Antiquité, la sorcellerie a été associée au culte agraire des deux déesses Déméter et Perséphone.

Sous l’empire romain, la sorcellerie était une pratique très répandue, si bien qu'elle fut interdite par la loi.

Mais c’est pendant le Moyen Age qu’est née la légende de la sorcière tel que nous le connaissons aujourd’hui... Chapeau pointu, formules magiques, chat noir, corvidés, crapaud et balai volant... 

 

La sorcellerie est une croyance très répandue dans les sociétés traditionnelles.

Du XIVè au XVIIè siècle c'était vrai en Europe : on estime à 100 000 le nombre des victimes, des femmes à 90 % (Perrot, 2006, p117).

Mais aujourd'hui encore, des femmes, souvent âgées, sont tuées en Afrique pour sorcellerie, ces crimes se multipliant lors des mauvaises récoltes.

D'après Jeune Afrique, 8600 "sorciers(ères)" environ ont été assassinées en Tanzanie de 1995 à 2005.

On trouve aussi, au Malawi, des femmes le plus souvent âgées, qui croupissent en prison (Slate Afrique, 6 juin 2011).

 

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                                                    (photo "inthestreetsofafrica")

 

Au Ghana, si une femme est soupçonnée de sorcellerie, elle est bannie du village et doit trouver refuge dans un camp. 6 camps, accueillant 1000 femmes et 700 enfants, existent au Ghana.

Emile Short, commissaire à la Commission des droits de l’homme du Ghana, s’est élevé contre l’existence de ces "maisons de sorcières" et a demandé leur démantèlement, s’appuyant sur le fait que "la sorcellerie n’est pas un délit reconnu par les lois du Ghana" et que "personne ne peut s’arroger le droit de perpétrer des actions punitives contre des personnes soupçonnées d’être des sorcières." Il a invité les citoyens à "dénoncer au poste de police le plus proche tout incident ou persécution envers qui est suspecté d’actes de sorcellerie."


L’intervention du commissaire aux droits de l’homme démontre que les sorcières et la magie noire sont une réalité solidement enracinée les croyances de l’Afrique subsaharienne.

Comme en Europe au temps de la chasse aux sorcières, les accusations de sorcellerie sont parfois lancées par des parents qui veulent se débarrasser d’un membre de leur famille, âgé et encombrant, ou pour une sombre histoire d'héritage.

Pour les tenanciers des "maisons de sorcières", c’est avant tout une manière efficace d’acquérir une main-d’oeuvre, qui, "même si elle n’est pas au plus fort de ses capacités, ne leur coûte absolument rien car, outre certains travaux, les pensionnaires doivent aussi assurer leur propre subsistance."  (Courrier International)

 

Oui, rien de plus inhumain que l'humain...