Darwin a esquissé les futures voies de la recherche en éthologie, qui ont attendu un siècle avant d'être enfin explorées.

Avec l'essor des sciences cognitives et des recherches des éthologues, on sait à présent que les animaux ont des représentations, des images mentales et même une forme de théorie de l'esprit. C'est-à-dire que les animaux sont capables de se représenter l'état d'esprit d'autres individus.

En fait, il n'y a pas de discontinuité entre l'homme et l'animal. De plus en plus, nous obtenons des preuves de notre enracinement dans l'arbre de la vie, via nos gènes, notre physiologie ou nos comportements, comme l'avait déjà énoncé Darwin.

Il faut dépasser cette notion typiquement occidentale qui isole l'homme de l'animal. Certains animaux sont plus proches de l'homme que de la plupart des autres animaux. C'est une réalité au niveau génétique mais aussi au niveau comportemental.

 

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                                       (photo holidayguru.fr)

Un livre écrit à sept mains (mains d'éthologue, de primatologue, de paléontologue, de biologiste marine, de neurobiologiste, ...), sous la direction de JF Bouvet, "Le péché, la bête et l'homme", nous montre qu'on en a fini avec le fait de rejeter sur les animaux tout ce que notre morale réprouve. On retrouve chez l'humain de nombreux traits des animaux, et chez l'animal la plupart des caractéristiques que l'on voulait typiquement humaines.

Ainsi, la paresse, la gourmandise, l'envie, la luxure, la colère, l'orgueil, l'avarice qui constituent les sept péchés capitaux, et un ajout, l'hypocrisie et le mensonge, que l'on retrouve également chez les animaux.

J'ai dévoré ce livre et notamment le chapitre écrit par Emmanuelle Grundmann, une primatologue qui travaille entre autres, sur la cognition des orangs-outans de la forêt équatoriale de Bornéo, où elle a séjourné plus de quatorze mois.