Vous le savez, je suis végétarienne. Depuis plus d'un an.

J'ai eu une première phase lorsque j'ai quitté la maison de mes parents pour un petit studio Place de la Liberté. Je n'ai pas tenu la distance. Manque d'entraînement. Mes problèmes alimentaires ont pris le dessus.

J'ai craqué, c'était là : http://girlydivorce.canalblog.com/archives/2016/09/05/34269769.html

J'ai enfoui ma décision sous mes oeillères. Tout en gardant mes interdits alimentaires de gamine qui agaçaient mes parents (pas d'agneau, de veau, de cheval, de chevreau, de lapin, de caille, de gibier...).

 

On constate que la consommation de viande augmente dans les pays en développement, la Chine et l'Inde en tête. La demande augmentant, l'élevage se fait de plus en plus intensif.

95 % des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiment. On leur fait tout un tas de gâteries réjouissantes : on leur coupe la queue et on leur arrache les dents pour éviter les morsures et le cannibalisme. On les castre, aussi. Le tout sans anesthésie, il ne faut pas rêver.

Ce ne sont plus des animaux mais de la viande sur pattes.

 

Rentabilité, efficacité, inhumanité...

 

Pierre Rabhi, dans son livre Le chant de la Terre, raconte que lors d'un stage d'agro-écologie, ses stagiaires et lui ont visité un élevage de porcs. La truie, sanglée, ne peut pas bouger d'un groin pour que les porcelets puissent têter pendant leur premier âge. On les lui enlève très vite et on les fait grossir à toute vitesse pour être rapidement abattus, à 6 mois environ. Elle-même sera tuée à trois ans.  Un cochon vit une quinzaine d'années, en moyenne, mais ils peuvent parfois vivre jusqu'à 25 ans.

Cet éleveur était "un homme charmant et bien élevé". On aurait préféré que ce soit une brute épaisse... Mais c'est toujours comme ça, dans les élevages modernes, les éleveurs ne s'en sortiraient pas, autrement, disent-ils. On est dans la logique du profit.

Sur ses douze stagiaires, seuls les stagiaires africains ont été choqués de voir notre façon de traiter ces cochons. En France, on a banalisé la violence ordinaire faite aux animaux...

Pourtant, la vie animale, on l'admire. On s'émerveille devant les agneaux dans le pré (qu'on va croquer à Pâques), on fond devant les poussins (dont les mâles passent vivants dans les broyeurs des élevages de poules pondeuses)... Mais notre capacité d'émerveillement s'arrête à l'heure du repas.

 

Cochon

 

Tout est fait pour nos maintenir dans cette scission cognitive : d'un côté, ceux qu'on aime, de l'autre côté, ceux qu'on mange...  Parfois dans la même espèce...

J'ai décidé de ne plus entrer dans ce processus dissonant et d'ouvrir mes yeux. J'ai aussi décidé d'en parler autour de moi... Désolée, j'espère ne pas trop vous gaver avec ça (pensée pour les oies).