Dans notre société, certains discours ont le pouvoir maléfique d'attribuer une valeur de destruction à un fait. Chaque agression devrait presque être "justifiée".

"Et d'abord, est-ce bien une agression sexuelle ? Qu'est-ce qu'il a fait, exactement ? Tu ne devrais pas sortir si tard. Tu es sûre que c'est bien ça ? Mais tu avais bu ? Tu avais mis ta mini-jupe satinée ? Tu sortais seule ? Mais pourtant, il te plaisait, ce mec ?"

Bah oui, une victime sait faire la différence entre une agression sexuelle et une partie de scrabble...

 

  

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Bizarrement, si elle annonce s'être fait piqué son portable avec violence, là, tout le monde va croire la victime...

 

Le viol, j'en ai parlé, c'était là : http://girlydivorce.canalblog.com/archives/2016/10/23/34401090.html

"C'est fou, ces femmes qui sont toujours victimes de types violents... Elles le cherchent et le trouvent... Elles n'attirent que des ennuis. Rien n'arrive par hasard, tout de même !"

Ils en arrivent à dire qu'une femme violée l'a cherché. Bien sûr, elle n'avait pas à montrer ses jambes ou son décolleté avantageux. Bien sûr, elle n'avait pas à faire confiance à un type qu'elle connaissait à peine. Bien sûr, elle aurait dû se méfier. C'est clair, c'était écrit sur son front, au type : "je suis un salaud, je suis un violeur, je vais te forcer à faire des trucs dont tu auras honte toute ta vie"...

Les témoins d'agressions sexuelles ont parfois tendance, pour ne pas se sentir coupables de ne pas avoir eu le courage d'intervenir, à dévaloriser la victime : "elle l'a bien cherché !"

Ces processus sont plus ou moins conscients...

 

Il faut lutter contre les préjugés : NON, les victimes ne l'ont pas cherché. Ce sont des victimes. Ne l'oublions pas... Le discours qu'elles entendront leur permettra la reconstruction ou au contraire la destruction déjà entamée.