Je vous écris, aujourd'hui, à vous, mes os.

Saillants. Apparents. Des poignets de 14  cm de large. Des chevilles de 18,5 cm de large. Mètre-ruban trop grand. Oui, j'ai une conception des "mensurations" assez spéciales. Facile de tomber sur un os, avec moi.

 

mètre

 

 

Vous, mes os. Omniprésents. Comme une planche d'anatomie. Lors de certaines périodes de ma vie, on pouvait lire mon squelette au premier coup d'œil. Maintenant, au deuxième, seulement... enfin surtout l'hiver, sous des pulls pelucheux...

Longtemps, j'ai pensé que je ne ferais pas de vieux os. Je n'avais que l'étoffe des vêtements sur vous, mes os. Loin des héros.

Mais en dessous, il y avait un être vivant... enfin, à peine, parfois... le poids de la plume, le poids de l'amertume...

Quand on touche le fond, une seule solution, remonter ou se laisser couler... Mais c'est pas encore demain qu'on donnera mes restes aux chiens !

 

En tout cas, mes os, bravo ! Vous ne m'avez jamais lâchée. Vous n'avez jamais été brisés. Jamais cassés. Jamais ne s'échappa la substantifique moelle. Avec vous, je ne l'ai jamais eu dans l'os !

J'ai souvent été trempée jusqu'à vous, mes os... Danser sous la pluie en riant, même pas peur de fondre...

 

"Les parents sont des os sur lesquels les enfants font leurs dents" d'après Peter Ustinov... J'espère qu'ils m'en laisseront un peu lorsqu'ils quitteront le nid, les miens.

J'ai bien rogné ceux de mes parents, à une certaine époque, et je n'en finis pas de leur dire merci d'avoir toujours été là pour moi, ou presque.

 

C'est bien moi, Pascale, en chair et en os (rayez la mention inutile), qui vous souhaite une belle journée, où il n'y aura pas d'os !