La plupart des français pensent que ce n'est pas normal que l'homme torture des animaux. La corrida, la chasse, la pêche à la baleine ou le massacre des dauphins des îles Féroe nous révoltent. Des pétitions circulent...

Mais la plupart de ces gens qui s'indignent et signent ces pétitions remettent leurs oeillères à table et ne se rendent pas compte que ce n'est pas forcément normal non plus de tuer 60 milliards d'animaux terrestres et 1000 milliards d'animaux marins chaque année pour notre plaisir gustatif.

Ce n'est pas seulement notre faute et j'ai fait partie de ceux-là...

On nous rend indifférents, passifs, vaguement complices. Pour Elisabeth de Fontenay dans "Sans offenser le genre humain", le fait de ne pas savoir ce que les autres font pour nous, en l'occurence les opérateurs d'abattoirs, n'est pas une excuse, mais une "circonstance aggravante" pour les humains qui sont censés être doués de conscience. Mais aussi, de responsabilité et d'imagination.

 

agneauPascal

 

La formule "on ne sait pas ce qui se passe dans un abattoir" devient de plus en plus mensongère : on sait mais on ne veut pas l'entendre.

Les industriels font tout pour dissimuler leurs activités. Il est bien plus facile de nos jours de filmer une centrale nucléaire qu'un abattoir, pour lequel il faut opérer en caméra cachée. Les industriels savent bien que la consommation de morceaux d'animaux baisserait énormément si les consommateurs voyaient ce que l'on fait subir à leurs futurs bouts de viande sous cellophane.

Les usines de production carnée sont gardées comme des camps militaires de Haute Sécurité. Les abattoirs ne font "portes ouvertes" que dans les vidéos d'associations comme L214.

Paul McCartney a affirmé il y a longtemps que "si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien." Enfin, pas tous, on n'est pas chez les télétubbies, non plus...