Etudier le comportement des animaux est très ancien. Nos ancêtres, chasseurs, devaient apprendre à connaître les habitudes de leurs proies pour les débusquer. Ils devaient également comprendre les comportements des animaux dont eux-mêmes étaient la proie... "La relation homme-animal était assez égalitaire à l'époque".

Lorsque les hommes ont inventé la domestication des animaux pour s'en nourrir ou les faire travailler aux champs, ils ont mis les animaux à leur service. Les hommes ont commencé à dominer la Nature et les animaux avec les débuts de l'agriculture.

 

De l'autre côté de la cage

 

Ces deux conceptions se retrouvent aujourd'hui dans l'étude de la cognition animale : celle du chasseur, qui cherche à anticiper et connaître les comportements des animaux et celle de l'agriculteur, qui cherche à imposer des comportements aux animaux.

Selon Frans de Waal, la seconde approche va diminuer. Les hommes prennent conscience que les animaux ont besoin d'exprimer leur comportement naturel. Les chercheurs mettent de moins en moins les animaux dans des situations où ils ne peuvent faire que ce qu'ils leur demandent. Les hommes sont dans une approche moins anthropocentrique, ils tentent de concevoir la propre perspective des animaux. "Aujourd'hui, les expériences tournent souvent autour d'un comportement naturel : la séduction, la quête de nourriture, les comportements sociaux positifs." Les chercheurs essaient de mettre en oeuvre leur empathie.

La très belle conclusion du livre de Frans de Waal est : "Cessons de faire de l'homme la mesure de toute chose ! Evaluons les autres espèces par ce qu'elles sont, elles ! Je suis sûr que nous découvrirons ainsi de nombreux puits sans fonds, dont certains sont encore inimaginables pour nous."