Les éthologues, en observant le comportement animal, extrapolent aux hommes. Et souvent, on s'y retrouve, notamment sur la théorie de l'attachement.

Dès la naissance, nous avons besoin d'être attachés à un être vivant (oui, une chaussure, ça le fait moins) et c'est en général la mère. C'est ce qui nous permet, en tant que petit être sans défense, de nous sentir en sécurité, complet, ayant une valeur et pouvant survivre.

Boris Cyrulnik parle des "100 jours" qui suivent la naissance pendant lesquels la sensibilité et l'écoute des mères envers leur bébé se démultiplient pour coller au maximum à ses besoins. (Dans certains cas, la mère n'est pas en capacité - ou on ne lui accorde pas cette capacité - et c'est un autre qui fera office de... ou pas.)

 

Civaux (3)

 

Notre vie entière, nous aurons toujours ce "besoin primaire d'attachement", c'est-à-dire ce désir d'être attaché affectivement à d'autres êtres vivants (un amoureux ou une amoureuse, un chien, un chat, une chaussure...). On souhaite "occuper dans le coeur de l'un d'eux au moins, la "première place". Si nos amoureux ont des sentiments réciproques, ce besoin est satisfait. En revanche, quand le premier attachement a manqué, nous souffrons d'une avidité d'amour telle que notre demande d'amour ressemble à celle du drogué... Affection, tendresse, attention, etc... il en faut toujours plus, tout le temps et de n'importe qui. Nous nous jetons dans l'amour les yeux fermés, comme un plongeur en apnée se jetterait à la mer à corps perdu, sans bouée ni gilet de sauvetage." (P. Delahaie, "Ces amours qui font mal")

"Cette manière de se gaver d'amour permet de remplir ce vide intérieur, ce vide fondateur du manque affectif de l'enfance."

Mais si l'on tombe sur un de ces êtres incapables de donner de l'amour, incapables de faire sentir à l'autre qu'il est important, on va dans le mur. On aimerait avoir le courage de partir. Mais souvent on reste en espérant que l'autre change, s'il en est capable.

 

Se sentir aimée.

C'est une petite attention, un mot tendre, un geste d'amour.

C'est dire à l'entourage qu'on est amoureux comme jamais, et pas juste "j'ai rencontré quelqu'un".

C'est ne pas décrocher le téléphone parce que l'ex-belle-mère appelle alors que l'être aimé vient d'annoncer en pleurant qu'il fallait que la relation cesse.

C'est ne pas prévoir un week-end de trois jours le week-end de l'anniversaire de son amoureux/se. Oui, dans ce cas, on peut écourter le week-end au lieu de l'étirer au maximum.

C'est ne pas écourter un séjour en vacances pour aller rejoindre sa femme et vérifier si elle a un amant en laissant la nouvelle conquête comme une pomme, encore endormie, bousculée, humiliée et terriblement malheureuse.

C'est ne pas aller passer deux jours chez sa mère quand sa chérie a un concours à passer ce jour-là.

C'est ne pas faire comme si elle n'existait pas lors d'une soirée en famille, pas un seul bisou discret ni une seule main sur la cuisse.

C'est soutenir l'autre, même et surtout devant ses enfants, sauf à vouloir exacerber les conflits.

C'est faire taire sa mère lorsqu'elle passe la soirée à parler de l'ex...

C'est répondre à des sms ou même appeler pendant un week-end loin de l'autre. Oui, même si le portable charge.

C'est faire des projets à long terme et pas seulement pour les prochaines vacances.

C'est montrer et dire qu'on l'aime...

 

Dans ces anecdotes, rassurez-vous, toutes n'ont pas été avec le même amoureux... sinon ce serait un réel monstre.

 

 

Bon, je vous laisse, je dois faire du tri dans mes chaussures...