Lettre à celui qu'elle appelait son amoureux... ou une fin ordinaire à ce qu'elle a pris pour une histoire d'amour extraordinaire...

Elle se demande ce qu'elle va bien pouvoir écrire sur ses petits carnets, elle a si souvent trempé la plume de son inspiration dans l'encre de leur histoire...

 

Fin

 

 

Je ne m'attendais pas à vivre un chagrin d'amour à ce moment-là de ma vie.

C'est une certitude : je ne suis pas douée pour l'amour.

Pourtant, j'y ai cru.

 

J'ai cru me noyer dans tes yeux couleur piscine.

J'ai cru fondre, nos deux corps emmêlés.

J'ai cru oublier mon passé et vivre un avenir avec toi.

J'ai cru faire taire mes démons intérieurs.

J'ai cru que tu pourrais m'aimer.

 

J'ai cru qu'un jour, on arriverait à vivre tous les deux.

J'ai cru qu'on pourrait mettre entre parenthèses ton passé.

J'ai cru qu'on l'aurait, notre maison à la campagne, avec une véranda et un poêle à bois.

J'ai cru que tu étais celui avec qui je vieillirais.

J'ai cru qu'on pourrait s'aimer, se le montrer et ne s'apporter que de belles choses.

 

Moi qui ne suis pas croyante, j'ai cru, et j'ai même parfois prié un ciel sourd pour qu'il me donne du soleil.

Mais c'est la pluie, le froid et l'orage qui sont venus. La tornade. Le cyclone. Celui qui bouscule, envoie valser nos certitudes et nous laisse hagards lorsqu'il se meurt.

Je souffre autant que j'y ai cru.

Je t'aime encore. Je t'aime toujours.

Je te souhaite une belle vie. Sans moi.

Tu l'as décidé ainsi.

 

Je n'arrive pas à imaginer un futur sans toi.

Sans te regarder. Sans t'écouter. Sans te respirer. Sans te toucher. Sans te goûter.

Mes cinq sens vont dépérir sans toi.

Mon corps va s'éteindre et mon cœur se dessécher.