Pardon.

Pardonne-moi de t'avoir tant fait souffrir. C'est tellement con d'aimer si fort et de si mal le montrer.

Aujourd'hui, on aurait dû fêter nos 3 ans depuis cette improbable rencontre, le coeur battant sous les arbres complices...

C'est terminé. Tout est fini entre nous.

 

Miosson

 

J'aimerais ton Pardon pour pouvoir me pardonner, à moi.

Tu m'as parlé des étapes du deuil : choc/déni, colère, négociation, tristesse, acceptation/reconstruction... J'en ai appris 5, dans ma formation, toi, 7. Bon, j'ai passé le déni, enfin j'en sors à peine. Impossible d'atteindre la colère, elle n'est dirigée que contre moi-même...

Pourrai-je un jour me pardonner de t'avoir blessé et endurci à ce point de non-retour ?

La tristesse, elle, ne me quitte pas. Pas un seul jour sans larmes. Seul le boulot à l'EHPAD m'oblige à tenir, mon remplacement s'est terminé hier soir. Ils m'auraient bien gardée et certaines résidentes m'ont pleuré dans les bras à l'annonce de mon départ. Mes yeux se sont embués aussi, évidemment. Ils sont parfois si touchants et désarmants, nos Vieux...

On a beaucoup parlé, Toi et moi, il y a deux jours, j'ai beaucoup pleuré, mais tes larmes ont jailli aussi, c'est dire si c'est douloureux un peu aussi pour toi.

Tu as enfin réussi à me dire, hier (merci les sms), que les plus beaux moments de ta vie, les plus forts, c'est moi qui te les ai fait vivre. Tu avais tant répété que les pires moments étaient avec moi aussi... La tiédeur, je ne sais pas faire... Je commençais juste le travail sur moi, et p***, il y en a, du boulot ! Ma psy va se payer une piscine le jour où je serai guérie de mes démons intérieurs et de mes blessures de môme.

 

Merci.

Merci de m'avoir fait vibrer de tout mon être. Merci de m'avoir soutenue, épaulée, consolée, guidée, si souvent. Merci de m'avoir fait découvrir mille et un bonheurs.

Tu étais ma pièce de lego, emboîté parfaitement quand tu te blottissais tout contre moi pour protéger mes nuits. Je suis tombée en amour et on ne se relève pas de ce type de chute. On ne commande pas ses sentiments, mais on peut commander ses émotions et la tristesse en est une. Un jour elle sera derrière moi. J'aurai toujours ce sourire et les yeux dans le vague en pensant à Toi. Tellement de moments gravés en moi... Nos alliances imbriquées tombées sous nos éclats de rire dans la Gartempe. La mienne logeait exactement dans la tienne, elles sont restées liées comme nos destins sur ce Pont. Nos rires dans la forêt de Moulière, la clef monumentale de l'église d'Orches et le jus de tomate poivré...

J'ai tant prié, dans toutes ces églises qu'on a visitées (j'en ai rempli un petit carnet) pour que tu ne me quittes pas. J'aurais inventé des perles de sourires venues de pays où tu ne pleures pas (pardon, M. Jacques). Chaque matin, depuis ce jour maudit (jour de la Saint-Amour !), avant d'aller bosser, je me suis recueillie dans la petite église de Vouneuil. Seule avec moi-même (et mon paquet de kleenex). Prier, je ne sais pas faire, je ne suis pas croyante. Mais je m'en fous, j'ai prié quand même.

 

J'espère rester comme une amie, lointaine, mais toujours présente si on a besoin, l'un de l'autre, un jour. Pour ta fille. Pour mes fils. Pour nos souvenirs. Pour avancer vers un nouvel avenir. Je te souhaite tout le bonheur du monde... Même s'il doit être "dans moi" : ton correcteur orthographique m'a fait sourire, quand tu as écrit ça au lieu de "sans moi"... Oui, ton bonheur, il a souvent été dans moi, avant. Merci aussi pour ça. Jamais je n'avais aimé et été aimée aussi intensément. Je le garde en moi comme un précieux cadeau de la vie.