De nos jours, ce sont toujours les manuels scolaires, les copines mais également internet qui font office d'éducation sexuelle. Les jeunes filles de maintenant ont rarement des échanges avec leur mère. Elles ne sont pas forcément mieux loties que nous ne l'étions.

     C'est plus facile avec des garçons, j'imagine. Comme je n'ai pas de fille, je n'ai pas ce problème à gérer. Mes garçons savent où sont les préservatifs à la maison, savent que faire l'amour n'est pas ce qu'on voit sur internet, que c'est beau et que ça fait partie des plaisirs de la vie (j'imagine qu'ils m'ont crue ?) et savent que s'ils ont envie de parler, je suis là (mais je pense que ce n'est pas à moi qu'ils parleront).

     D'après Didier Dumas, psychanalyste pionnier de l'analyse transgénérationnelle, la sexualité continue à se transmettre dans les relations mère-fille en mode fantôme ; l'absence de parole explique la fragilité sexuelle des ados filles et les tentatives de suicide deux fois plus nombreuses chez les filles que chez les garçons.

     Les filles s'identifient en premier lieu à leur mère, asexuée du fait de son silence, et cela explique les grandes difficultés qu'elles connaissent à l'adolescence. Le silence ancestral est "la première ceinture de chasteté transmise par les générations antérieures". Les femmes n'emploient pas encore beaucoup les mots liés à la sexualité. Quelques humoristes s'y sont attelées (mention spéciale à l'irrévérencieuse Blanche Gardin). Des écrivains, des journalistes et des blogueuses, aussi.

 

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     Oui, les femmes ont le droit de parler. Les femmes ont le droit de laisser apparaître leur sexualité autrement qu'à travers les fringues ou le maquillage... Usons du pouvoir des mots.

 

Blanche Gardin - Ne recherchez pas le consentement des femmes

            

 

                                 ... la suite au 2è épisode...