Petit clin d'œil de ma ville pour voir la vie en rose pendant le mois d'octobre...

     

MairieRose

 

      J'en ai écrit, des lettres, aux morceaux de moi : mes yeux, mon estomac, mes os, ma bouche, mes fesses, mon ventre, etc. Aujourd'hui c'est le jour des sorcières. Le moment est venu de descendre dans les mystères de mon être.

     Je t'écris aujourd'hui à toi, mon clitoris.

 

 

     Je rappelle que vous n'êtes pas obligés de monter dans ce vieil escalier en pierre un peu périlleux...         

 

MarchesY

                           Vous avez choisi d'y monter, mais je vous ai avertis.

 

       Mon clitoris, tu es le centre du plaisir féminin, toi, si mystérieux. Ton nom vient du latin Kleis, la "clé". Clef du plaisir, donc. Clef des champs de blé. Clef des chants de volupté. Clef en main, comment ouvrir la porte de la jouissance ?

     Tu t'appelles dans la littérature par de jolis noms poétiques : "terrasse des joyaux", "porte du paradis" ou "rubis du plaisir". Tu es timide et tu ne te donnes pas à voir au premier coup d'œil. La stimulation te transforme. Tu as été découvert vers - 300 avant J.-C. par Hippocrate, qui t'a appelé "le serviteur qui invite les hôtes". Au Moyen Âge, on pensait qu'on devait te frotter, toi qu'on nomme "bouton de l'amour", pour favoriser la conception.

     Ton importance a été reconnue jusqu'au XVIIIè siècle où les recherches médicales (faites par des hommes, évidemment), ont remis en cause le lien entre plaisir et procréation. Toi, le clitoris, tu es alors devenu alors responsable de nombreux "maux" : pratiques masturbatoires, hystérie, nymphomanie. Ton excision, pratique très courante au XIXè siècle, a fait partie des "remèdes médicaux" à cette prétendue hystérie.

      J'en ai déjà parlé mais dans certaines croyances, tu es un vestige masculin à faire disparaître. Tu es amputé afin de réduire le désir de la femme et préserver virginité, fidélité... et esclavage.

     Toi et moi, on se connaît depuis longtemps. Tu es le bouton rouge, le déclencheur. Prendre soin de toi m'a souvent occupé l'esprit et les mains (et celles d'autres)...

 

     Pause pour mettre au clair certains points...

     Il faudrait arrêter avec le concept de "femme clitoridienne" opposé à celui de "femme vaginale". Ce sont deux formes de jouissance différentes et complémentaires. Cessons de considérer l'orgasme vaginal comme le Graal ! L'essentiel c'est le mouvement, l'énergie et le partage.

    J'ai lu sur le sujet et je le reformule ainsi : la jouissance clitoridienne permet une harmonisation de ses propres énergies, une sensation d'être pleinement vivante, qui comblent notre besoin d'exister.

     Ah quand même, tu es drôlement important, toi, mon clitoris. Tu nous mets "en communication avec nous -mêmes", d'après l'auteur, une gynécologue et acupunctrice, très concernée par les difficultés sexuelles de ses patientes. D'après elle, beaucoup de femmes peinent à avoir une vie sexuelle satisfaisante.

     Faire l'amour, pour la femme, c'est donner et s'abandonner à l'homme, mais aussi savoir recevoir et accueillir l'autre dans son cœur, sa tête et son sexe, les trois n'allant pas forcément ensemble, parfois.

     La jouissance vaginale serait, elle, la rencontre des forces énergétiques de l'homme et de la femme qui "en s'unissant, vont permettre à chacun de se reconstituer [...] La jouissance d'être, en même temps, avec soi et avec l'autre. Toutefois, pour pouvoir être avec l'autre, il faut d'abord savoir être avec soi." L'idée serait d'appréhender l'autre comme notre complément. J'en ai déjà parlé, de notre pièce de lego (Si tu es sage, je t'écrirai aussi, à toi, mon vagin !). On reparlera aussi de l'immobilité utérine.

 

     Reprenons cette lettre si périlleuse...

     Difficile de trouver les mots pour t'écrire, mon clitoris. Petit interrupteur magique quand l'autre sait allumer la lumière. Tu es si sensible, si mystérieux. Tu sais recentrer et harmoniser mon corps et mon âme.

    Tu connais les délices de l'énergie amoureuse. Cette osmose des forces sexuelles de chacun qui s'unissent dans une même fréquence. Ce moment magique où l'on est l'un et l'autre confirmés dans l'amour (ou du moins l'amour du moment) que l'on se porte mutuellement.

    

     Pour terminer sur une note de pure émotion, après un sujet si brûlant (rappelez-moi de ne jamais donner le lien de ce blog à mon père !) : hommage à toutes les femmes, les sorcières, les déesses-mères, les filles d'amour, les sœurs... avec deux interprètes de talent...

Une Sorcière comme les autres de Anne Sylvestre

           Et c'est la soeur ou l'inconnue
           Celle qui n'est jamais venue
           Celle qui est venue trop tard
           Fille de rêve ou de hasard
           Et c'est ma mère ou la vôtre
           Une sorcière comme les autres

 

           Vous m'avez aimée servante
           M'avez voulue ignorante
           Forte vous me combattiez
           Faible vous me méprisiez
           Vous m'avez aimée putain
           Et couverte de satin
           Vous m'avez faite statue
           Et toujours je me suis tue

 

... à écouter sans modération et à faire circuler au nom de toutes les sorcières que nous sommes...

 

(Happy Halloween ! Ce soir, après mon intense journée de travail, je sors incognito sans mon balai volant rejoindre trois sorcières avec qui, cette semaine, on a décidé de sortir chaque soir !)