Notre vie est un tissage de moments de joie et de plaisir, mais aussi de douleur et de souffrance. Entrelacés, imbriqués, ces sentiments sont enfouis dans notre être et parfois resurgissent pour polluer la vie actuelle. Ils forment des blessures qui nous déstabilisent, nous dévorent, nous dévitalisent.

Une collègue disait, il y a bien longtemps, que c'était comme un petit singe sur l'épaule, et que d'en parler, ça permettait de déposer le petit singe sur l'épaule de l'écoutant, pour être soulagé de ce poids sur l'épaule... Même si à la fin, on repartait quand même avec notre petit singe sur l'épaule.

Les chagrins de la vie sont des balises pour nous rappeler que la vie est complexe et précieuse, et que même si nous sommes des mammifères intelligents (pour certains), nous n'avons pas le pouvoir de contrôler nos sentiments ni ceux des autres.

 

   Tour

 

Mais on a le pouvoir de consolation. Précieux pouvoir.

C'est la grand-mère qui dit à son petit-fils : "Donne-le moi, ton chagrin, ne le garde pas pour toi, je vais le prendre pour qu'il te fiche la paix à toi."

C'est l'homme qui dit à son amoureuse "Dis-moi ton chagrin, je vais le peindre en bleu, l'accrocher à un ballon et on le regardera ensemble monter dans le ciel, à la recherche d'une âme soeur. Il ne faut jamais laisser un chagrin s'ennuyer tout seul à l'intérieur de soi, il faut lui donner un compagnon ou une compagne..."

Ainsi, chacun peut trouver les moyens de vivre en colocation avec ses "petits singes", sans se laisser dévorer par eux mais surtout sans les déverser trop sur son(sa) chéri(e) pour ne pas polluer la relation... Parce qu'aimer "c'est bien sûr vivre le meilleur sans entretenir le pire !" (Jacques Salomé, psychosociologue)