Voyage à divorce land

16 août 2017

Conte à rebours...

Un article pour répondre à M. qui m'a contactée en privé pour me parler de la solitude qu'on peut ressentir dans une relation amoureuse... Oui, on peut se sentir seul à deux... c'est paradoxal mais c'est vrai.

Je vais vous raconter une petite histoire, joyeuse comme je les aime...

 

Non pas compte à rebours, mais conte à rebours...

 

Conte

 

Il était une fois une jeune femme qui était née aveugle. Elle-même ne s'aimait pas beaucoup, elle se pensait laide et inutile en raison de sa cécité. Elle haïssait tout le monde, sauf un seul être. Un être bon et doux, tellement amoureux. Il faisait tout pour elle. Le plus beau, c'est qu'il était devenu ses yeux absents. Il lui décrivait le monde. Pour elle, il inventait des couleurs, des reflets et des lumières. La beauté de la vie, c'est par ses yeux à lui qu'elle la vivait...

Mais elle demeurait triste et sombre. Elle aurait tant voulu voir le monde. Elle en exprima le souhait par cette phrase : "si je pouvais voir la beauté du monde, je serais la plus heureuse des femmes sur terre et je t'épouserais !"

Elle répétait cette phrase chaque jour, comme une litanie, comme un refrain entêtant.

Un jour, elle se retrouva à l'hôpital, pour une greffe des yeux. Un don inespéré. Elle resta des mois sous d'épais bandages. Elle pensait que son cœur allait éclater de joie lorsqu'enfin on les lui retirerait...

Elle put enfin voir tout ce qui l'entourait, les arbres, le soleil, les fleurs, le chat qui dormait... et surtout son bien-aimé. Le jeune homme lui dit alors : "Maintenant que tu peux voir la beauté du monde, veux-tu devenir ma femme ?"

La jeune femme vit alors que le jeune homme était aveugle. Ses yeux sans vie la choquèrent, elle le trouva horrible et se dit que jamais elle ne pourrait passer sa vie à regarder cet homme affreux. Elle articula péniblement "Oh mon dieu, non !"

Le jeune homme sentit son cœur exploser en mille éclats de verre. Tranchants comme des lames.  Il partit très vite, pour ne pas laisser couler ses larmes. Un aveugle, ça pleure aussi.

La jeune femme commença sa nouvelle vie de voyante, s'émerveillant de tout et remerciant le ciel de lui avoir accordé la vue.

Elle reçut, des mois plus tard, une lettre de son ancien amoureux. Une lettre si courte qu'elle tenait en une phrase : "Prends bien soin de tes yeux, ma belle, parce qu'avant de devenir les tiens, c'était mes yeux..."

 

Noir

 

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05 août 2017

Bilan de blog : joyeux anniversaire !

 

Petit bilan de blog, au bout de 12 mois, environ 12 000 visiteurs, 200 messages publiés, 3200 commentaires et plus de 30 000 pages vues...

 

Vous le savez, j'ai ouvert ce blog comme un exutoire pour me libérer de tout ce qui encombrait mon esprit. Un espace de liberté. Un journal intime. Une tribune, parfois.

 

Bois Saint Pierre (2)

 

Mes visiteurs ont débarqué parfois avec de drôles de recherches sur le net, telles que "sexe femme soumise" (!), "historique érotique je baise le plombier" (?!), "fantasme + femme" ou "cadeau belle-mère"... je m'en amuse beaucoup, il doivent être parfois cruellement déçus...

J'aime bien voir les petits drapeaux, qui sont les témoins de l'universalité des thèmes que j'aborde ici. L'amour, le divorce, le féminisme, l'anorexie, les fantasmes, le végétarisme, etc...

 

Merci à celles et ceux qui commentent et qui me font confiance en s'abonnant à mon blog. C'est agréable pour moi de me dire que je n'écris pas pour des prunes...

J'ai souvent eu des échanges enrichissants via les commentaires, même avec des gens qui ne pensaient pas du tout comme moi. Et c'est une bonne chose, de réfléchir à d'autres modes de fonctionnement, d'autres pensées que les siennes. J'ai aussi souvent eu des retours en privé et ceux-ci sont parfois surprenants. Je vais essayer de répondre aux derniers...

 

Je suis peu présente sur le net cet été parce que la vie m'oblige à me concentrer sur d'autres choses, notamment une nouvelle vie à réinventer... Mais je reviens bientôt. Je pense avoir encore des choses à exprimer...

Je n'oublie pas mes blogs préférés et je tâcherai de trouver un peu de temps pour vous faire un petit coucou... à bientôt !

 

 

 Les p'tites statistiques de canalblog :

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Espagne Espagne 1 1  
Suisse Suisse 1 1  

 

 

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Suisse Suisse 3 3  
États-unis États-unis 2 2  
Belgique Belgique 2 2  
Canada Canada 1 1  
Danemark Danemark 1 1  
Espagne Espagne 1 1  

 

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Belgique Belgique 7 7  
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États-unis États-unis 4 4  
Canada Canada 3 3  
N/A 1 1  
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Nouvelle-zélande Nouvelle-zélande 1 1

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07 juillet 2017

Un arbre facétieux

 

 "Quoi que te réserve le présent, accepte-le comme si tu l'avais choisi. Va toujours dans le même sens que lui et non à contresens. Fais-en un ami et un allié. Cela transformera toute ta vie."

                                                                                                               (E. Tolle)

 

Arbre facétieux

 

Cet arbre avait recueilli en son sein un elfe malicieux.

Vous le voyez, avec ses petites cornes et son nez pointu ?

Regardez-le bien...

Espérons qu'il ne fasse pas trop de bêtises et qu'il ne me guide pas vers des chemins périlleux.

 

 Oui, je sais, c'est court, aujourd'hui.

 

L'été est là, les vacances arrivent, les enfants vont être souvent partis avec leur père (un mois sur deux en tout).

Je vais pas mal bouger aussi, pendant deux mois. J'ai de belles balades à faire, de chouettes soirées à partager, de belles rencontres prévues...

J'ai aussi des cartons à faire pour un déménagement début septembre... ça va être chaud, chez nous, la rentrée...

J'ai une nouvelle vie à réinventer, un nouveau chapitre de ma vie à écrire...

 

Mais promis, vous aurez de la lecture encore de temps en temps dans l'été...

Si vous ne voulez pas venir pour rien, vous pouvez vous abonner à la "newsletter" (de façon anonyme si vous le souhaitez), vous recevrez un mail les jours où j'aurai quelque chose à vous dire... et même les jours où je parlerai pour ne rien dire...

 

Bonne journée, bon week-end, bel été, bonnes vacances...

Prenez soin de vous, on n'a - presque - qu'une vie !

 

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05 juillet 2017

Lettre à Laurent.

 

Salut Laurent,

 

Comment vas-tu ?

Oui, ça fait longtemps...

Quand on s'est connu, j'avais 17 ans. Toi, tu en avais 21. Jeunes, beaux et cons à la fois.

On se croisait dans les mêmes soirées, chez les mêmes amis.

Tu étais fort pour les séduire, toi, les filles. Elles tombaient en pâmoison devant toi, les ravissantes. Tu les choisissais belles, décolletées et plutôt idiotes.

Moi, je n'étais pas en reste. Ils se laissaient aisément prendre dans mes filets. Je les choisissais beaux, virils et pas très malins.

Tu disais : Celui-là, il n'est pas assez bien pour toi, il fait brute épaisse, non ? Tu étais un peu jaloux.

Je disais : Sa conversation la plus intéressante, c'est quand elle se tait. Elle n'est même pas belle, tout juste assez jolie pour un soir. Les barbies, c'était ton truc. Je n'étais pas jalouse, je te taquinais, tu sais ?

Souvent, nous finissions la soirée à refaire le monde. On avait les mêmes rêves, une p'tite bicoque au bord d'un lac. L'alcool et les fumées illicites nous enveloppaient comme une couette, douce et légère. On s'égarait, tes mains frôlaient les miennes, plus ou moins discrètement. Tu ramenais la Barbie, ou pas... Mon Ken me ramenait, ou pas...

Quand c'était Ou pas, on finissait tous les deux. N'importe où. Dans l'herbe, sous les étoiles, sur un canapé qui grince, dans une voiture... On s'enivrait l'un de l'autre. Toi et moi, on était toujours d'accord, pour l'amour. Enfin, pour le sexe, surtout.

Tu avais de temps en temps une Barbie qui s'accrochait à tes baskets... Je la faisais fuir. Elle était curieusement jalouse quand je t'embrassais langoureusement en soirée... et que tu ne disais pas non. Tu ne m'as jamais dit non.

J'ai eu aussi un Ken plus tenace que les autres, aussi, parfois. Un qui veut rester. Tu le faisais fuir en lui disant que j'étais la meilleure que tu aies connue au lit. Bizarrement, ça plaisait pas trop.

Quel jeu de cons, quand on y pense. On se lançait des défis : "Je te parie que je mets moins d'une heure pour l'emmener dans mon lit, celle-là... Vas-y, chiche !"

 

V

 

Trop fière pour te le dire : Reste. Reste encore un peu...

Trop fier pour me le dire : Viens dans mes bras. Les miens, seulement...

 

On a appris le mot "sexfriend" grâce à ton pote Fabien. On a bien déliré, là-dessus. On était des "amis de sexe", je disais. Des "potes du cul", tu disais. Ou un peu plus...

On a vieilli.

Tu t'es marié, t'as trois gosses et une femme qui a pris 10 kilos à chaque grossesse. Je t'ai maudit et j'ai boycotté ton mariage. Tu étais déçu. Tu ne comprenais pas. Ou si, tu comprenais trop bien. Tu as déménagé trois mois après. Je ne t'ai pas revu avant ton départ. C'que j'ai pu pleurer. Tu n'en as jamais rien su.

Je me suis mariée avec un Ken stupide et viril. Même pas peur. Le soir, c'est à toi que je pensais quand il me sautait dessus en cinq minutes et s'endormait avant même que je commence à éprouver le moindre frisson. Je l'ai quitté 6 mois après.

J'ai appris que tu es revenu dans la ville de notre jeunesse. Moi, je ne l'ai pas quittée. Je ne suis pas encore trop vieille, j'ai pris quelques rides mais je n'ai pas pris un gramme. Toi non plus, m'a dit Fabien. Encore beaux, moins jeunes et peut-être un peu moins cons.

 

On se prend un café, un de ces jours, au bar, chez Gégé ? On pourra parler, se raconter nos vies, nos gosses, nos nuits, en rire un peu. Comme avant... Ou pas.

 

 

Je précise que dans mes "lettres", il y a une part plus ou moins importante - voire exclusive - d'irréalité... qui peut partir de la vraie vie... ou pas.

 

 

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03 juillet 2017

Une "circonstance aggravante"

 

La plupart des français pensent que ce n'est pas normal que l'homme torture des animaux. La corrida, la chasse, la pêche à la baleine ou le massacre des dauphins des îles Féroe nous révoltent. Des pétitions circulent...

Mais la plupart de ces gens qui s'indignent et signent ces pétitions remettent leurs oeillères à table et ne se rendent pas compte que ce n'est pas forcément normal non plus de tuer 60 milliards d'animaux terrestres et 1000 milliards d'animaux marins chaque année pour notre plaisir gustatif.

Ce n'est pas seulement notre faute et j'ai fait partie de ceux-là...

On nous rend indifférents, passifs, vaguement complices. Pour Elisabeth de Fontenay dans "Sans offenser le genre humain", le fait de ne pas savoir ce que les autres font pour nous, en l'occurence les opérateurs d'abattoirs, n'est pas une excuse, mais une "circonstance aggravante" pour les humains qui sont censés être doués de conscience. Mais aussi, de responsabilité et d'imagination.

 

agneauPascal

 

La formule "on ne sait pas ce qui se passe dans un abattoir" devient de plus en plus mensongère : on sait mais on ne veut pas l'entendre.

Les industriels font tout pour dissimuler leurs activités. Il est bien plus facile de nos jours de filmer une centrale nucléaire qu'un abattoir, pour lequel il faut opérer en caméra cachée. Les industriels savent bien que la consommation de morceaux d'animaux baisserait énormément si les consommateurs voyaient ce que l'on fait subir à leurs futurs bouts de viande sous cellophane.

Les usines de production carnée sont gardées comme des camps militaires de Haute Sécurité. Les abattoirs ne font "portes ouvertes" que dans les vidéos d'associations comme L214.

Paul McCartney a affirmé il y a longtemps que "si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien." Enfin, pas tous, on n'est pas chez les télétubbies, non plus...

 


30 juin 2017

Lettre à mes os.

 

 

Je vous écris, aujourd'hui, à vous, mes os.

Saillants. Apparents. Des poignets de 14  cm de large. Des chevilles de 18,5 cm de large. Mètre-ruban trop grand. Oui, j'ai une conception des "mensurations" assez spéciales. Facile de tomber sur un os, avec moi.

 

mètre

 

 

Vous, mes os. Omniprésents. Comme une planche d'anatomie. Lors de certaines périodes de ma vie, on pouvait lire mon squelette au premier coup d'œil. Maintenant, au deuxième, seulement... enfin surtout l'hiver, sous des pulls pelucheux...

Longtemps, j'ai pensé que je ne ferais pas de vieux os. Je n'avais que l'étoffe des vêtements sur vous, mes os. Loin des héros.

Mais en dessous, il y avait un être vivant... enfin, à peine, parfois... le poids de la plume, le poids de l'amertume...

Quand on touche le fond, une seule solution, remonter ou se laisser couler... Mais c'est pas encore demain qu'on donnera mes restes aux chiens !

 

En tout cas, mes os, bravo ! Vous ne m'avez jamais lâchée. Vous n'avez jamais été brisés. Jamais cassés. Jamais ne s'échappa la substantifique moelle. Avec vous, je ne l'ai jamais eu dans l'os !

J'ai souvent été trempée jusqu'à vous, mes os... Danser sous la pluie en riant, même pas peur de fondre...

 

"Les parents sont des os sur lesquels les enfants font leurs dents" d'après Peter Ustinov... J'espère qu'ils m'en laisseront un peu lorsqu'ils quitteront le nid, les miens.

J'ai bien rogné ceux de mes parents, à une certaine époque, et je n'en finis pas de leur dire merci d'avoir toujours été là pour moi, ou presque.

 

C'est bien moi, Pascale, en chair et en os (rayez la mention inutile), qui vous souhaite une belle journée, où il n'y aura pas d'os !

 

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28 juin 2017

Lettre à Vincent.

 

Je précise que dans mes "lettres à des gens", il y a une part plus ou moins importante - voire exclusive - d'irréalité... qui peut partir de la vraie vie...

 

Perigord (2)

 

Vincent,

 

Tu as été élevé dans une famille chic et coincée. Une famille où un garçon, ça ne pleure pas. Une famille où l'on ne rit pas beaucoup, non plus. Ou alors les lèvres un peu pincées. Ne pas se laisser aller.

Tu as souvent joué seul. Tu étais le petit dernier, l'accident de pré-ménopause, les grands étaient déjà partis. Ta mère n'avait pas le temps de s'occuper de toi. Elle n'a jamais joué beaucoup avec ses enfants. Quel ennui, quelle plaie.

Tu as grandi en tentant de te conformer aux exigences maternelles imposées. Avec quelques écarts. Oh, my god ! Tu as été attiré par des garçons. Ta mère a fait venir le curé, pour te détourner du mauvais chemin...

Tu as tenté la secte. Tu as bu et fumé pour oublier tes démons. Mais dans ta famille, tous boivent et fument, c'est culturel. Ton père en est mort, d'ailleurs. Trop tôt. Beaucoup trop tôt. Tu n'as pas eu le droit de pleurer, enfin pas trop. Ne pas se laisser aller.

Tu as fini par épouser une femme. L'as-tu aimée ? L'as-tu désirée ? Tu lui as fait deux, trois gosses, vite fait, dans le noir...

Tu les as aimés, eux. Mais si mal. Tu as oublié de leur dire que tu les aimais et qu'ils deviendraient des adultes bien.

Tu as oublié de leur donner des ailes. Tu as rogné les tiennes. À grand renfort de vodka et de cigarettes.

Maintenant, tu rames. Elle est partie. Eux l'ont compris. Tu ne les vois plus beaucoup, tes enfants. Ils sont grands, ils ont une bonne situation et ils n'ont besoin de personne. Surtout pas de toi...

Le mardi, tu vois un psy. Le jeudi, tu vois un hypnothérapeute, mais il galère, tu as du mal à "lâcher prise". Ne pas se laisser aller. Le samedi, tu te mets la tête à l'envers. Le dimanche, tu pleures.

Un jour, tu deviendras grand, Vincent. Avant la mort, peut-être...

 

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26 juin 2017

L'obsolescence programmée du chat.

 

 

Souvenir d'enfance...

Un lapin accroché par les pattes arrières, en train de se vider de son sang. Vision d'horreur. Dans une ferme, chez une amie de ma grand-mère. J'avais caressé les lapins avant de voir ce petit être pelucheux et sanguinolent.

Dans ma tête de petite fille, l'image s'est gravée.

Je me souviens aussi que je n'ai jamais voulu goûter de viande de cheval. J'avais des posters de chevaux dans ma chambre.

Un jour, mes parents ont fait l'essai de m'en servir en ne précisant pas qu'il s'agissait de cheval... J'ai recraché le morceau et je leur en ai voulu.

J'ai compris plus tard qu'ils pensaient bien faire. Mais pourquoi forcer un enfant à manger un animal qu'il aime ou qu'il admire ?

Je n'ai jamais forcé mes enfants à manger du lapin ou de l'agneau...

 

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Dans certains pays, on mange du chien, notamment en Corée, au Vietnam, au Laos et aux Philippines. On trouve aussi des recettes à base de chien en Martinique et à la Réunion. Les boucheries canines existaient en France métropolitaine jusqu'à la première moitié du XXè siècle.

Manger du chat au Vietnam est officiellement illégal mais au début du mois lunaire, c'est censé porter chance. Pas de chance pour les chats !

Les restaurateurs se fournissent principalement par des filières d'animaux volés mais ça ne pose pas de réels problèmes. Certains restaurateurs reconnaissent cuisiner leurs propres chats lorsque ceux-ci se font vieux et en prennent un jeune à la place. C'est l'obsolescence programmée du chat, en quelque sorte...

C'est sûr, ça nous paraît horrible, mais il faut bien admettre que les critères de différenciation entre un animal domestique et un animal comestible sont subjectifs.

Une réflexion d'une néo-végé, relevée sur le net : "ça fait 20 ans que je mange des cochons, des vaches, des moutons... Je me suis dit et pourquoi pas mon chat ?"

C'est la réponse d'un ancien qui est drôle : "peut-être parce qu'il court trop vite ?" (La bise, si tu repasses par là...)

Oui, les végétariens ont le sens de l'humour, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Certaines familles adoptent des cochons nains. Obligent-ils leurs enfants à manger du jambon ? Peut-on opérer une telle scission ?

 

 

23 juin 2017

Un jour, je serai vieille.

 

Bois Saint Pierre

 

Un jour, je serai vieille.

J'ai longtemps cru ne pas atteindre ce bonheur-là. Je me voyais mourir jeune et décharnée. Mais à présent, je me dis qu'un jour, je serai vieille. Ce mot n'a rien de péjoratif à mes yeux.

J'aimerais vieillir "bien", ne pas subir le temps de façon destructrice. Ne pas devenir un poids pour mes proches. Profiter jusqu'au bout du bonheur d'ouvrir ma fenêtre et de contempler le ciel. Et me dire : "un de plus en moins" (clin d'œil pour toi, qui est sur mon porte-bagage depuis longtemps...), me réjouir de vivre encore, de rire et recevoir des sourires...

J'espère faire vieillir mon âme de façon authentique. Mon corps, aussi. Je ne veux pas faire comme ces vieilles femmes qui veulent à tout prix rester jeunes en apparence. Moi, je prendrai tout : les rides, les cheveux gris (stop aux teintures à 45 ans), les douleurs aux poignets (tu veux bien ouvrir la bouteille ?) et dans les hanches (je marche moins bien, mais je te fais encore marcher, pas vrai ?)...

Il y a des gens qui vieillissent très mal. Ils deviennent tristes, aigris, agressifs. Ils font ressortir toutes leurs rancœurs, tous leurs regrets. Ils se réfugient parfois dans la démence ou la confusion pour ne plus être confrontés à leur ombre, leur vrai moi qui s'était tapi, prêt à resurgir à la moindre faiblesse. Et quand on vieillit, on est faible.

On a besoin qu'on nous pousse (roulez jeunesse, on fait la course ?), qu'on nous regarde (tu sais, le beau vieux du deuxième étage...), qu'on nous écoute même si on est de plus en plus sourd (tu disais quoi ?... J'ai pas encore mis mes appareils auditifs), qu'on nous considère (j'suis pas encore morte, hein !) même si on doit être nourri, lavé, soigné...

Une belle vieillesse est une vieillesse apaisée, qui n'a plus de comptes à rendre... J'espère être capable de me pardonner mes échecs, mes erreurs et de pardonner à la vie.

Une petite phrase m'accompagne, elle dit que lorsqu'on a planté un arbre, fait un bébé, écrit un livre, on peut mourir en paix (a-t-on vraiment besoin de ces trois éléments ?). J'en ai planté, des arbres, que je n'ai pas vu grandir... J'ai fait deux bébés que j'espère voir devenir des hommes heureux... Le livre n'est plus d'actualité, mais un blog, c'est une sorte de livre interactif, non ?

 

Un jour, je serai vieille.

Peut-être que mes enfants n'oseront pas me confier leur progéniture de peur que je les contamine avec mes idées rebelles et mes gros mots. Oui, je sais "jurer comme un charretier". Comme ma sœur. Comme mon père. Et surtout comme mon arrière grand-mère. Celle qui tenait un café (pour une femme, à l'époque !), et qui osait dire sa vérité au maire qui avait "oublié" de la saluer en passant devant son bistrot : "Et regardez-le, celui-là, il dit même pas bonjour, il se croit au-dessus des autres mais il ch*** comme tout le monde"...

Sacré personnage, la mémé ! Elle avait des réponses imparables à apprendre à ses petits-fils qui se faisaient traiter de "sales ritals" à la récré. "La réponse est bonne, mais mon c** l'empoisonne"... "Comme mon c** s'est exprimé, la réponse est passée à côté"... Il y en avait une tartine, du même acabit.

Oui, je serai sans doute une de ces vieilles dames indignes qui l'ouvrent, même quand il ne faut pas.

J'espère ne pas vieillir seule, ni finir mes jours à l'hôpital, comme tout le monde. J'ai toujours pu parler de ma mort. Je veux finir en feu de joie et pas de tristesse. Les enfants le savent. Mes organes iront à qui en voudra, s'ils sont encore d'actualité !

 

Un jour, je serai vieille.

Une jolie anecdote qui prouve que l'humour des vieilles qui croquent encore la vie est une denrée précieuse : une actrice disait à ses visiteurs masculins (elle habitait au 6ème étage sans ascenseur !) : "eh oui, je n'ai plus que ça pour faire battre les cœurs, à présent..."

 

Par hasard, j'ai découvert cette chanson. Je vous suggère d'écouter jusqu'au bout (si vous n'êtes pas hostiles à la grossièreté) la petite voix mutine qui chante "La vieille", dans une église, devant un parterre de personnes âgées.

 

LEÏLA HUISSOUD "La Vieille"

J'ai pas besoin de vous...

 

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21 juin 2017

Lettre à ma voix.

 

 

Arc-en-ciel

 

Suivre sa voie, c'est suivre sa voix.

Pendant mes années d'école primaire, j'étais tétanisée à l'idée de réciter une poésie devant la classe. Pendant mes années de collège, sur mes bulletins, on pouvait lire des trucs du style : "Pascale est une élève brillante, mais j'aimerais entendre le son de sa voix !", "élève qui gagnerait à s'exprimer davantage", etc... Pendant mes années de lycée, j'ai commencé à l'ouvrir... révoltée... J'ai ensuite fait du théâtre pour gagner en assurance, et à présent, on me reproche souvent de trop m'exprimer !

Comme beaucoup de gens, je ne t'aime pas, ma voix.

Tu dérailles. Je n'ose chanter que seule. Il paraît que tu n'es pas désagréable. Je me demande si ceux qui m'ont dit ça étaient objectifs...

Je crois que quand on chante, cela fait vibrer notre architecture intérieure. Toi, ma voix, tu reflètes mon état physique et mental. C'est sans doute pour ça que tu es si moche. Tu es emprisonnée dans le carcan de mes blocages intérieurs.

J'aurais aimé savoir chanter, faire vibrer l'âme des gens, les faire frissonner... Je suis capable d'être émue aux larmes en écoutant une chanson. La voix des autres.

Par exemple, voilà ce qui peut me faire vibrer jusqu'au plus profond de mon être... Je reconnais que je ne suis pas objective, mais l'italien, c'est quand même la plus belle langue au monde...

(Lara Fabian & Laura Pausini) La Solitudine

 

 

J'ai su donner de l'émotion par toi, ma voix, en parlant ou en criant, sur une scène de théâtre. C'était fort. Ma voie, tu étais là. Ma voix.

Je t'ai souvent éteint, ma voix, via l'extinction de voix. La voix cassée comme l'âme. Il m'est même arrivé de devoir rester silencieuse. Avec un petit carnet. Surprenant. Reposant et horripilant à la fois.

Le chant est utilisé dans la rééducation, notamment dans le cas de malades d'Alzheimer. "On récupère la mémoire par l'émotion que déclenche une chanson", explique Jean-Marie Leau, fondateur de la chorale Les voisins du dessus. Il rappelle que les premiers chants étaient à l'origine des psalmodies, des incantations pour guérir les malades.

Ma voix, même si tu dérailles ou si tu me cries dans les oreilles, je t'aime quand même. Ne me laisse pas tomber. J'ai besoin de pouvoir m'exprimer avec toi, aussi... Je veux avoir voix au chapitre et pouvoir donner de la voix... des larmes dans la voix... ou des sourires...

 

Un final en musique, en forme de clin d'œil :

La Rue Ketanou - Tu parles Trop - YouTube

 

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