Voyage à divorce land

26 juin 2017

L'obsolescence programmée du chat.

 

 

Souvenir d'enfance...

Un lapin accroché par les pattes arrières, en train de se vider de son sang. Vision d'horreur. Dans une ferme, chez une amie de ma grand-mère. J'avais caressé les lapins avant de voir ce petit être pelucheux et sanguinolent.

Dans ma tête de petite fille, l'image s'est gravée.

Je me souviens aussi que je n'ai jamais voulu goûter de viande de cheval. J'avais des posters de chevaux dans ma chambre.

Un jour, mes parents ont fait l'essai de m'en servir en ne précisant pas qu'il s'agissait de cheval... J'ai recraché le morceau et je leur en ai voulu.

J'ai compris plus tard qu'ils pensaient bien faire. Mais pourquoi forcer un enfant à manger un animal qu'il aime ou qu'il admire ?

Je n'ai jamais forcé mes enfants à manger du lapin ou de l'agneau...

 

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Dans certains pays, on mange du chien, notamment en Corée, au Vietnam, au Laos et aux Philippines. On trouve aussi des recettes à base de chien en Martinique et à la Réunion. Les boucheries canines existaient en France métropolitaine jusqu'à la première moitié du XXè siècle.

Manger du chat au Vietnam est officiellement illégal mais au début du mois lunaire, c'est censé porter chance. Pas de chance pour les chats !

Les restaurateurs se fournissent principalement par des filières d'animaux volés mais ça ne pose pas de réels problèmes. Certains restaurateurs reconnaissent cuisiner leurs propres chats lorsque ceux-ci se font vieux et en prennent un jeune à la place. C'est l'obsolescence programmée du chat, en quelque sorte...

C'est sûr, ça nous paraît horrible, mais il faut bien admettre que les critères de différenciation entre un animal domestique et un animal comestible sont subjectifs.

Une réflexion d'une néo-végé, relevée sur le net : "ça fait 20 ans que je mange des cochons, des vaches, des moutons... Je me suis dit et pourquoi pas mon chat ?"

C'est la réponse d'un ancien qui est drôle : "peut-être parce qu'il court trop vite ?" (La bise, si tu repasses par là...)

Oui, les végétariens ont le sens de l'humour, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Certaines familles adoptent des cochons nains. Obligent-ils leurs enfants à manger du jambon ? Peut-on opérer une telle scission ?

 

 


23 juin 2017

Un jour, je serai vieille.

 

Bois Saint Pierre

 

Un jour, je serai vieille.

J'ai longtemps cru ne pas atteindre ce bonheur-là. Je me voyais mourir jeune et décharnée. Mais à présent, je me dis qu'un jour, je serai vieille. Ce mot n'a rien de péjoratif à mes yeux.

J'aimerais vieillir "bien", ne pas subir le temps de façon destructrice. Ne pas devenir un poids pour mes proches. Profiter jusqu'au bout du bonheur d'ouvrir ma fenêtre et de contempler le ciel. Et me dire : "un de plus en moins" (clin d'œil pour toi, qui est sur mon porte-bagage depuis longtemps...), me réjouir de vivre encore, de rire et recevoir des sourires...

J'espère faire vieillir mon âme de façon authentique. Mon corps, aussi. Je ne veux pas faire comme ces vieilles femmes qui veulent à tout prix rester jeunes en apparence. Moi, je prendrai tout : les rides, les cheveux gris (stop aux teintures à 45 ans), les douleurs aux poignets (tu veux bien ouvrir la bouteille ?) et dans les hanches (je marche moins bien, mais je te fais encore marcher, pas vrai ?)...

Il y a des gens qui vieillissent très mal. Ils deviennent tristes, aigris, agressifs. Ils font ressortir toutes leurs rancœurs, tous leurs regrets. Ils se réfugient parfois dans la démence ou la confusion pour ne plus être confrontés à leur ombre, leur vrai moi qui s'était tapi, prêt à resurgir à la moindre faiblesse. Et quand on vieillit, on est faible.

On a besoin qu'on nous pousse (roulez jeunesse, on fait la course ?), qu'on nous regarde (tu sais, le beau vieux du deuxième étage...), qu'on nous écoute même si on est de plus en plus sourd (tu disais quoi ?... J'ai pas encore mis mes appareils auditifs), qu'on nous considère (j'suis pas encore morte, hein !) même si on doit être nourri, lavé, soigné...

Une belle vieillesse est une vieillesse apaisée, qui n'a plus de comptes à rendre... J'espère être capable de me pardonner mes échecs, mes erreurs et de pardonner à la vie.

Une petite phrase m'accompagne, elle dit que lorsqu'on a planté un arbre, fait un bébé, écrit un livre, on peut mourir en paix (a-t-on vraiment besoin de ces trois éléments ?). J'en ai planté, des arbres, que je n'ai pas vu grandir... J'ai fait deux bébés que j'espère voir devenir des hommes heureux... Le livre n'est plus d'actualité, mais un blog, c'est une sorte de livre interactif, non ?

 

Un jour, je serai vieille.

Peut-être que mes enfants n'oseront pas me confier leur progéniture de peur que je les contamine avec mes idées rebelles et mes gros mots. Oui, je sais "jurer comme un charretier". Comme ma sœur. Comme mon père. Et surtout comme mon arrière grand-mère. Celle qui tenait un café (pour une femme, à l'époque !), et qui osait dire sa vérité au maire qui avait "oublié" de la saluer en passant devant son bistrot : "Et regardez-le, celui-là, il dit même pas bonjour, il se croit au-dessus des autres mais il ch*** comme tout le monde"...

Sacré personnage, la mémé ! Elle avait des réponses imparables à apprendre à ses petits-fils qui se faisaient traiter de "sales ritals" à la récré. "La réponse est bonne, mais mon c** l'empoisonne"... "Comme mon c** s'est exprimé, la réponse est passée à côté"... Il y en avait une tartine, du même acabit.

Oui, je serai sans doute une de ces vieilles dames indignes qui l'ouvrent, même quand il ne faut pas.

J'espère ne pas vieillir seule, ni finir mes jours à l'hôpital, comme tout le monde. J'ai toujours pu parler de ma mort. Je veux finir en feu de joie et pas de tristesse. Les enfants le savent. Mes organes iront à qui en voudra, s'ils sont encore d'actualité !

 

Un jour, je serai vieille.

Une jolie anecdote qui prouve que l'humour des vieilles qui croquent encore la vie est une denrée précieuse : une actrice disait à ses visiteurs masculins (elle habitait au 6ème étage sans ascenseur !) : "eh oui, je n'ai plus que ça pour faire battre les cœurs, à présent..."

 

Par hasard, j'ai découvert cette chanson. Je vous suggère d'écouter jusqu'au bout (si vous n'êtes pas hostiles à la grossièreté) la petite voix mutine qui chante "La vieille", dans une église, devant un parterre de personnes âgées.

 

LEÏLA HUISSOUD "La Vieille"

J'ai pas besoin de vous...

 

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21 juin 2017

Lettre à ma voix.

 

 

Arc-en-ciel

 

Suivre sa voie, c'est suivre sa voix.

Pendant mes années d'école primaire, j'étais tétanisée à l'idée de réciter une poésie devant la classe. Pendant mes années de collège, sur mes bulletins, on pouvait lire des trucs du style : "Pascale est une élève brillante, mais j'aimerais entendre le son de sa voix !", "élève qui gagnerait à s'exprimer davantage", etc... Pendant mes années de lycée, j'ai commencé à l'ouvrir... révoltée... J'ai ensuite fait du théâtre pour gagner en assurance, et à présent, on me reproche souvent de trop m'exprimer !

Comme beaucoup de gens, je ne t'aime pas, ma voix.

Tu dérailles. Je n'ose chanter que seule. Il paraît que tu n'es pas désagréable. Je me demande si ceux qui m'ont dit ça étaient objectifs...

Je crois que quand on chante, cela fait vibrer notre architecture intérieure. Toi, ma voix, tu reflètes mon état physique et mental. C'est sans doute pour ça que tu es si moche. Tu es emprisonnée dans le carcan de mes blocages intérieurs.

J'aurais aimé savoir chanter, faire vibrer l'âme des gens, les faire frissonner... Je suis capable d'être émue aux larmes en écoutant une chanson. La voix des autres.

Par exemple, voilà ce qui peut me faire vibrer jusqu'au plus profond de mon être... Je reconnais que je ne suis pas objective, mais l'italien, c'est quand même la plus belle langue au monde...

(Lara Fabian & Laura Pausini) La Solitudine

 

 

J'ai su donner de l'émotion par toi, ma voix, en parlant ou en criant, sur une scène de théâtre. C'était fort. Ma voie, tu étais là. Ma voix.

Je t'ai souvent éteint, ma voix, via l'extinction de voix. La voix cassée comme l'âme. Il m'est même arrivé de devoir rester silencieuse. Avec un petit carnet. Surprenant. Reposant et horripilant à la fois.

Le chant est utilisé dans la rééducation, notamment dans le cas de malades d'Alzheimer. "On récupère la mémoire par l'émotion que déclenche une chanson", explique Jean-Marie Leau, fondateur de la chorale Les voisins du dessus. Il rappelle que les premiers chants étaient à l'origine des psalmodies, des incantations pour guérir les malades.

Ma voix, même si tu dérailles ou si tu me cries dans les oreilles, je t'aime quand même. Ne me laisse pas tomber. J'ai besoin de pouvoir m'exprimer avec toi, aussi... Je veux avoir voix au chapitre et pouvoir donner de la voix... des larmes dans la voix... ou des sourires...

 

Un final en musique, en forme de clin d'œil :

La Rue Ketanou - Tu parles Trop - YouTube

 

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19 juin 2017

Les antibiotiques, c'est automatique !

 

L'élevage industriel pose des problèmes écologiques mais aussi des problèmes sanitaires.

Les animaux sont dopés de façon préventive (animaux sains compris !) aux antibiotiques, c'est automatique.  Les élevages sont à eux seuls responsables de 63 % de la consommation d’antibiotiques en France.

 

Viandes-antibiotiques

                                        (photo : alimentation-generale.fr)

 

Ces antibiotiques se retrouvent dans nos assiettes avec la viande et les produits laitiers, amenant un phénomène d'antibiorésistance.

De nombreux antibiotiques ne fonctionnent plus. Aujourd'hui, 700 000 personnes meurent chaque année à cause de l'antibiorésistance. En 2050, la résistance aux antibiotiques pourrait être responsable de 10 millions de morts en plus, soit une personne toutes les 3 secondes. (sources variées : A. Caron, F. Nicolino, Que choisir, etc...)

Des maladies "banales" risquent de devenir mortelles comme la cystite, la blennoragie, la pneumonie. Certaines opérations deviendront à risques, comme le don d'organes qui repose sur les antibiotiques afin d'éviter au receveur de rejeter la greffe.

On a aussi une incroyable épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, le spectre de la pandémie géante à laquelle se prépare l'ensemble des acteurs de la sphère médicale. Le H5N1 nous a bien fait peur. Le SRAS aussi. La grippe espagnole de 1918 hante le corps médical.

Nous, on n'y pense pas. Enfin, moi si, maintenant... Je vais faire un stock de masques au cas où... Non, je plaisante. Mieux vaut vivre sans y penser, mais réduire l'anitbiorésistance en réduisant sa consommation de viande, c'est une bonne idée.

Les élevages industriels contribuent à la création d'agents pathogènes de plus en plus résistants. L'ingestion de bêtes gavées aux antibiotiques augmente la résistance et donc augmente le risque de pandémie...

Là, vous commencez à regarder votre tournedos d'un autre oeil, non ?!

 

Avant qu'on ne me "tombe" dessus, je précise à nouveau que j'informe, mais que je considère que devenir végétarien est une décision personnelle...

 

 

16 juin 2017

Mes animaux-totems

 

 

Et si on avait tous un animal totem, un animal-fétiche, un animal protecteur ?

La pie, la chouette et le chat seraient mes animaux-totems. Ceux qui m'accompagnent, à leur manière, sur le chemin de la vie. Je ne suis pas sûre qu'ils me protègent beaucoup, en ce moment, ou alors je suis sourde à leurs messages...

 

      Et vous ?

 

Des vieilles boîtes de conserve, du carton, du fil de fer, de la colle à papier peint... et de la patience pour crééer des bidules qui ne servent à rien. J'en ai refait dans une période création / défouloir : m'occuper les mains, ça me permet de moins cogiter.

Une couche de papier journal...

Totem1

 

Une couche de papier d'emballage de mon petit magasin Bio...

 

Totem

 

Ensuite, une autre couche de papier journal, puis à nouveau une couche d'emballage, etc...

 

Il en faudra du temps pour voir évoluer mon totem, couche après couche, coup de pinceau après coup de pinceau... Hybride de hibou, de taureau et de monstre féminin, avec de petits miroirs pour refléter notre propre monstruosité...

 

Totem

 

Monstre bestial...

 

Totem (2)

 

 

Totem (3)

 

 

Totem (5)

 

 Au dos de ce totem, j'ai choisi d'écrire une des petites phrases que j'aime particulièrement :

 

"La terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre."

                                                                              Sitting Bull

 

Et voici un deuxième totem :

Totem 2

 

 Au dos, une prière Cherokee :

"L'homme croit qu'il a été créé pour dominer, diriger. [...] L'homme n'a ni pouvoirs, ni privilèges, seulement des responsabilités."

 

Les deux totems-messagers...

 

2 totems

 

J'ai aussi fait un petit oiseau, tout maigre et déplumé, mais multicolore... Va-t-il s'envoler ?

OiseauJaune

 

OiseauJaune (2)

 

Impossible de mettre un pied dans le jardin sans que le-chat-qui-nous-prête-son-jardin ne vienne ronronner dans mes jambes, ou se frotter à ma main, de préférence celle qui prend la photo...

 

OiseauJaune (3)

 

 

Mon fils m'a fait promettre qu'on l'emmènerait dans nos bagages... Evidemment... Mais va-t-il s'adapter à un nouveau jardin ?

Bon, plus trop le cœur à mâcher du papier, je dois plutôt penser "cartons", moi...

 

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15 juin 2017

... puisqu'il faut reprendre la route...

 

Bon, j'ai envie de partager ça avec des gens virtuels après l'avoir partagé avec des gens proches...

Ma propriétaire vient de me laisser un message : elle refait son toit au-dessus de ma tête et veut vendre sa maison après. Là, c'est le ciel qui me tombe sur la tête...

Moi qui me suis battue lors de mon divorce pour rester là, avec les enfants, pour ne pas qu'ils changent d'environnement et surtout d'établisssements. J'avais choisi cette petite boîte pour être dans la carte scolaire du meilleur collège / lycée de la ville, et tout proche du campus universitaire.

Me voilà avec l'échéance de la fin de mon bail en mai. Il va falloir reprendre la route...

 

mai15 056

 

J'aurais bien aimé souffler un peu, cette année a déjà été un peu trop riche à mon goût. J'espérais 2018 plus calme. Sans cartons, sans déménagement, sans changement majeur...

Mais comment vais-je annoncer ça aux enfants ? Des larmes dans la voix, impossible autrement... Chouette cadeau pour le bac de français de mon fils aîné...

Elle vient au téléphone de me proposer d'acheter en priorité, la bonne blague...

 

 

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14 juin 2017

Lettre à Lisa.

 

Je précise que dans mes "lettres", il y a une part plus ou moins importante - voire exclusive - d'irréalité... qui peut partir de la vraie vie... ou pas.

 

Danger

 

Lisa,

 

Tu as été une petite fille modèle. Une vraie petite poupée pour ta maman. Toujours bien mise, bien coiffée, bien élevée. Avec tes petites nattes bien serrées. Tu parlais d'une petite voix mielleuse, affectée. Tu ne disais jamais de bêtises, ni de gros mots. Tu souriais tout le temps.

Tu as comblé ta mère en faisant de bonnes études, en te trouvant un bon mari, en faisant trois beaux enfants bien propres sur eux, bien polis, bien sages.

Jusqu'à ce jour où tu as quitté ton mari et tes enfants. Brusquement. Tu es partie avec le premier homme qui t'a fait jouir. Le seul. Tu voulais vivre, enfin.

Lisa, tu as réalisé toutes les folies inenvisageables dans ta jeunesse. Tu as couché avec des hommes différents chaque soir. Tu t'es oubliée dans leurs bras musclés. Tu as bu. Tu t'es même droguée. Tu as voyagé. Tu as connu l'amour avec des femmes, aussi. Tu as ri aux éclats. Tu as dansé toute la nuit. Tu as vibré.

Tu as enfin "vécu".

Pendant ce temps, ta mère est morte. De honte plus que de chagrin.

Des années ont passé. 

Tu es tombée dans une profonde dépression. Tu as perdu le goût de la vie. Tu t'es bouffé les doigts d'avoir oublié tes enfants.

Tu es revenue.

Trop tard. Tu étais remplacée. Dans le cœur de ton mari, mais ça, tu t'en foutais. Mais dans celui de tes enfants, aussi.

Un jour, ils pardonneront. Un jour, ils comprendront.

Tu as mis du temps à comprendre, toi.

Ta mère te demandait de lui renvoyer l'image d'une "mère parfaite". Tu devais entrer dans le moule de la petite fille modèle. La perfection exigée était une cage dorée, qui t'a empêchée d'être toi-même.

Tu es revenue.

Tu vas commencer à vivre ta vie à toi, à présent. Ne pleure pas, Lisa, ta vie sera ce que tu décides d'en faire, à présent.

 

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12 juin 2017

Les enfants de divorcés.

 

Mon plus jeune fils, bientôt 13 ans, a pour meilleurs amis deux fils de divorcés. Il les a connus alors que lui ne faisait pas encore partie du club. Il a eu des passages un peu difficiles. Il m'a bien chargée, émotionnellement. On a beaucoup parlé. Il a claqué pas mal de portes que j'ai toujours rouvertes sans cris. J'ai montré mes plumes bien lissées, là où tout glisse... Et ça a fini par glisser.

 

2012

        (expo éphémère d'art de rue photographié à Limoges... Talentueux, l'artiste !)

 

Les trois copains échangent pas mal, tous les trois, à propos de leurs vies respectives.

L'un d'eux, A. passe une semaine à Poitiers chez son père, l'autre semaine à la campagne chez sa mère. Deux vies séparées et totalement différentes qui l'enrichissent mais qui compliquent un peu les choses de la vie quotidienne, parfois.

L'autre, R. habite chez son père. C'est lui qui en a la garde. Sa mère est restée du côté de Lyon, R. prend l'avion régulièrement pour aller la voir. Le père est à nouveau avec quelqu'un. Pour la mère, c'est plus compliqué, d'après les dires de R. Mon fils m'a raconté que R. et son père ont fait un jour le pari que sa mère ne tiendrait pas 6 mois avec un certain candidat. Le fils a gagné. La plus grosse boîte de legos du catalogue.

J'ai dit à mon fils que je trouvais ça bizarre qu'un père parie là-dessus avec son fils et que c'était indélicat vis-à-vis de la mère. Mon fils a acquiescé. Il m'a dit que jamais il n'irait lancer un quelconque pari avec son père, et surtout pas à mon propos... Ouf...

En tout cas, je suis totalement rassurée, les enfants de divorcés savent trouver leur compte dans les histoires d'adultes...

 

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09 juin 2017

La déclaration.

 

 

Certains appellent ce moment particulier où l'on annonce son végétarisme à ses proches le "coming out végétarien".

Ce terme me dérange, je lui substitue celui de "déclaration".

 

Veggie

 

Les réactions de l'entourage sont souvent décevantes... mais pas toujours !

 

Avec mon père :

1/ Première réaction à chaud...

- Mais tu t'es renseignée ? Tu vas manquer de vitamines, non ?

- Non, tu sais, ça arrive à des sportifs de haut niveau (mon père l'était)...

- Ah...

 - Et aussi des gens très intelligents, Darwin, Léonard de Vinci, Einstein, et plus récemment, Matthieu Ricard...

- Mais c'est pas pareil !

- Pourquoi, parce que moi je suis stupide et même pas bouddhiste ?!

 

2/ Deuxième réaction (merci Maman, on sent que tu es passée par là !)

- Tiens, je t'ai apporté des baies de goji, des graines de chia et du tofu, parce que c'est pas donné, ces trucs. Il faut que tu manges, hein ?

- T'inquiète pas, je suis une grande fille... et je ne mange pas plein de trucs-nouveaux-qui-coûtent-un-bras... mais merci !

 

 

Avec mon ex-mari :

1/ L'orgueil du mâle qui cuisine...

- C'est décidé, je redeviens végétarienne !

- Même quand je vais faire un barbecue ?!

 

2/ La définition du végétarisme...

- J'ai acheté des nems et j'en ai pris au crabe pour toi.

- Ah... C'est gentil, mais tu sais, le crabe c'est un animal... Je suis végétarienne, je ne mange plus d'animaux, donc...

 

3/ L'Alzeimer précoce...

- Tu en veux ? (en me passant le plat de gésiers de canards...)

- Bah non, je suis végétarienne, je te rappelle...

Saleté de déclin cognitif !

 

 

Avec un inconnu, en soirée :

- Ah ouais, et tu vas faire des happenings plutôt à poil qu'en fourrure ? (gros rire gras)

- Bonne idée, je commence maintenant ! (en déboutonnant le premier bouton, seulement, ça a suffi à faire rire l'entourage et à calmer le gars...)

 

 

Avec une copine :

- Mais tu manges quoi, tu me diras, pour quand je t'inviterai...

- T'inquiète pas, je m'adapte et si tu veux j'apporterai un plat !

La réaction sympa de la copine qui s'inquiète pour son menu...

 

 

Avec ma sœur :

- Tu me donneras ta recette de bolognese VG, c'était super bon. Bon, moi, je mange encore du poisson mais plus du tout de viande, tu sais.

- Habiter en bord de mer et ne plus manger de poisson, ça doit être chaud, quand même... (sourire)

 

Je vous passe la réaction de l'ex belle-mère qui avait failli se prendre le plat de saucissons apéritifs en pleine tête... Au bout de la troisième fois, ça énerve, même si j'étais sous "lexomil psychologique", là-bas...

 

 

07 juin 2017

Lettre à mon nez.

 

On dégringole au bas de l'échelle du glamour, après la dernière lettre osée à ma voluptueuse poitrine et mon illustre popotin...

Oui, aujourd'hui je t'écris à toi, mon nez.

Mais je ne vais pas vous parler de toi qui coule quand je pleure ou du nombre de mouchoirs jetables que j'ai utilisés ces derniers mois.

 

BoisN

                                               (Bois de Béruges)

 

 

Mon cher nez,

À vue de nez, tu peux reconnaître 10 000 odeurs différentes. Tu as cette fabuleuse capacité. Richard Axel et Linda Buck ont reçu le prix Nobel de médecine en 1991 pour avoir cerné tes mystères.

Tu es fait de deux narines tapissées d'une fine muqueuse constituée de 50 millions de cellules nerveuses qui piègent les odeurs. Mon nez, tu es subtil car incontrôlable : je n'ai pas de prise sur toi.

Pourtant, ça m'arrangerait bien, quand je suis dans les odeurs d'essence à la pompe, par exemple.

Je n'ai pas souvent eu quelqu'un dans le nez et je préfère ne pas avoir à te mettre, mon nez, dans les affaires des autres.

Oui, il m'arrive de ne pas te mettre dehors quand j'ai envie de me rouler en boule sans bouger...

Dans la vie, je me suis souvent cassé le nez et on m'a souvent ri à toi, mon nez.

 

Mon nez, toi et tes petits camarades, vous êtes un sens affectif. Certaines odeurs nous touchent, voire même nous bouleversent.

C'est l'histoire d'une femme qui a retrouvé le sac de sport de son mari mort depuis des mois, et qui se met à pleurer à l'ouverture parce qu'elle retrouve l'odeur de son amoureux... Ultime pied de nez.

C'est le bébé qui dès l'âge de 6 jours, peut distinguer l'odeur du lait maternel d'un autre lait. Oui, le bébé réussit ce test les doigts dans le nez !

C'est l'odeur du tabac qui nous indispose ou nous fait envie des années après l'arrêt de la consommation, ou celle des vieilles dames trop parfumées qui nous agacent et nous rappellent notre grand-mère à la fois...

C'est l'odeur du pain qui cuit dans mon four et qui me réjouit les narines.

C'est l'odeur de la forêt après la pluie.

C'est surtout l'odeur de ton cou qui me fait fondre, celle que je voudrais dans tous mes matins...

 

Mon nez, surtout, ne me fais pas le coup de l'anosmie : je ne supporterais pas de ne plus me sentir... Terrible affection qui donne une vie sans repères olfactifs... sans goût aux aliments... sans goût de la vie... sans goût à toi... 

 

J'espère que ça ne me pend pas au nez ! Bonne jour-nez à toutes et tous !

 

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