Portes grange

 

     En appelant ce blog exutoire "Voyage à divorce land", j'ignorais que je vivrais une autre rupture - douloureuse, celle-ci - peu de temps après... Enfin, il faut préciser qu'il m'en a fait vivre plusieurs, des ruptures, celui qui fût mon Amoureux pendant trois ans moins huit jours...

     Jusqu'au Big One : l'ultime rupture.

     Le croiser à la piscine hier soir m'a fait un choc salvateur (il m'a embrassée sur la joue alors que je ne savais pas où diriger mon visage). Je l'ai regardé en me concentrant sur mon dos crawlé, les yeux rivés à son portable au bord du bassin, je ne l'ai même pas trouvé beau, même si mes lunettes de piscine se sont embuées légèrement quelques minutes. Je l'ai regardé parler avec la mère d'une petite copine de sa fille (je présume) et ça ne m'a rien fait. Il est venu sur le bord du bassin me parler. On a échangé un peu, de cette maison qui reste notre dernier lien. Je me suis dit qu'on pourrait même réussir à rester amis, comme il l'avait proposé au départ.

     Lors de notre dernier échange dans le bois de l'an 2000, il a dit qu'il était revenu plusieurs fois "par empathie", pour ne pas me démolir, mais en aucun cas par amour. Il a affirmé avoir voulu me quitter depuis 2 ans... Soit, dès qu'on a vécu ensemble. C'est terrible à entendre, je me demande s'il n'a pas été violent ainsi dans ses mots pour s'en convaincre lui-même... Peut-être qu'il sait au fond de lui que personne ne lui donnera autant de frissons que moi, autant de moments intenses (et d'après lui, bien plus encore de souffrance... ?). Il a décidé que la balance penchait du mauvais côté et qu'il y avait plus de négatif que de positif. Pour moi, c'était l'inverse, je ne voulais me concentrer que sur les belles choses. Je crains qu'il ne se sente jamais aussi grand et important que dans mes yeux.

     Je lui souhaite de vivre ce grand bonheur encore une fois : il est tombé amoureux.

     Oui, mais a-t-il aimé vraiment ?

     Et moi ?

     En était-on capable, l'un et l'autre ? De s'aimer vraiment ? Avait-on trop de casseroles à traîner (des chaudrons, en ce qui me concerne !) ? Et s'il avait pris ici un logement avec sa fille et qu'on n'ait pas dû composer à 5 ? Et si elle avait eu une mère digne de ce nom qui la prenne un week-end sur deux et la moitié des vacances ? Et si ma proprio n'avait pas vendu ma maison, aurait-on pu continuer nos vies en parallèle avec ces heures de route entre nous ?

     Ces questions me rongent les neurones. Aurait-on l'obligeance de me lobotomiser pendant 2, 3 jours afin de cesser de me questionner ainsi ?

     On n'a pas eu le temps de se reconstruire après nos divorces respectifs. On s'est rencontré trop tôt ou trop tard. Ma sophrologue/psy m'a dit qu'il n'était pas question de temps, ni trop tôt ni trop tard, mais de profiter de l'instant à vivre avec lui. Elle ignorait que ce serait définitivement fini le soir-même. Le soir de notre rencontre à la piscine, il a écrit un mail à mes fils. Je lui avais demandé de le faire. Ils étaient attachés à lui. Il a écrit "quoi qu'il en soit, j'ai aimé votre mère". C'est bien qu'il leur ait écrit ça. Il m'a dit, à moi, qu'il s'est forcé depuis des mois (des années !) à faire semblant d'y croire encore... C'est moche. Et triste.

     Besoin d'en parler, pour évacuer. Besoin de garder le beau et d'oublier le moche. Écrire a toujours été ma thérapie. Insuffisante, peut-être, mais complémentaire par rapport au reste.

     Objectifs : 

- retrouver vite un boulot

- quitter cette maison où chaque lieu me rappelle Nous deux (la cuisine où on a... la table de la salle à manger où il a... la salle de bain où... la chambre, surtout...)

- me recentrer sur mes priorités (mes garçons, mes parents, ma soeur et mon neveu, mes copines, mes confidents plus ou moins virtuels)

- travailler sur moi, mais pour moi, puisque pour lui, c'est trop tard...

"Et, petit à petit, ma vie s'est laissée envahir par les ronces.

Et ma volonté ne suffisait plus pour passer par dessus, pour vivre.

Je préfère les oublier, ces ronces, ne garder que les bons moments, maintenant que je suis parti."

20190416_143857

 

- oui, m'améliorer, mais pour moi, puisqu'il n'a pas voulu attendre que je le fasse pour lui. Trop tard. Moi qui suis toujours en avance à mes rendez-vous, j'ai loupé le plus important de ma vie, peut-être... ?

- psychothérapie - sophrologie - yoga - pleine conscience et tutti quanti...

- a-van-cer

 

     Je vais peut-être rebaptiser ce blog "Voyage à no man's land" ?

     Parce qu'il n'est pas près de me voir retomber en amour !!

     En revanche, je constate que mon pouvoir de séduction est intact : je me fais toujours brancher gentiment à la piscine (ah, désolé de vous avoir gênée, vous nagez bien plus vite que moi... On voit d'ailleurs que vous nagez souvent...) et j'aime ce regard gourmand... Alors si un sex-friend se présente dans quelque temps, je ne dirai peut-être pas non, qui sait ? Maintenant que Lui a réveillé mon corps aux plaisirs à deux et endormi mon âme à l'amour...

 

     Oui, une certitude : plus jamais je ne tomberai amoureuse !

 

     Libérée, délivrée... La Sorcière des Neiges est de retour !